Patients évacués, comment poursuivre votre traitement en cours après une évacuation ?
Vous avez été évacué(e) et :
- Vous n’avez plus aucun médicament ;
- Certains médicaments manquent ;
- Il ne vous reste que quelques prises ;
- Vous ne savez pas si vos médicaments sont encore utilisables.
N’attendez pas d’avoir épuisé votre traitement.
Adressez-vous rapidement à :
- Une pharmacie ouverte,
- Une pharmacie de garde les dimanches et jours fériés : RésoGardes (http://www.3237.fr/) ou appelez le 3237
- Ou au professionnel de santé présent dans votre centre d’accueil.
En cas de malaise, de symptômes importants ou d’impossibilité d’obtenir un traitement indispensable, appelez le 15.
Signalez immédiatement certains traitements
Prévenez sans attendre le pharmacien, le médecin ou le personnel du centre d’accueil si vous prenez notamment :
- De l’insuline ou un autre traitement du diabète ;
- Un antiépileptique ;
- Un anticoagulant ;
- Un traitement contre la maladie de Parkinson ;
- Un corticoïde depuis plusieurs semaines ;
- Un traitement antirejet après une greffe ;
- Un traitement anticancéreux ;
- Un traitement anti-infectieux en cours ;
- Un traitement psychiatrique dont l’arrêt brutal peut être problématique ;
- Un traitement de substitution aux opiacés ;
- Un médicament stupéfiant ou assimilé ;
- De l’oxygène ou un traitement respiratoire indispensable ;
- Un médicament à conserver au réfrigérateur ;
- Un dispositif médical indispensable : pompe à insuline, matériel de stomie etc.
Ne retournez jamais dans une zone évacuée pour récupérer un traitement sans l’autorisation des services de secours.
Vous n’avez plus vos médicaments, certains manquent ou vous n’en avez pas assez.
Ce qu’il faut apporter à la pharmacie :
Même si vous n’avez plus votre ordonnance, apportez tout élément permettant d’identifier votre traitement :
- Carte Vitale ou attestation de droits ;
- Pièce d’identité ;
- Ancienne ordonnance ou photographie de l’ordonnance ;
- Boîte, blister, étiquette ou photographie du médicament ;
- Pilulier ;
- Compte rendu médical ou lettre de sortie d’hôpital ou de clinique ;
- Liste de médicaments enregistrée sur votre téléphone ;
- Coordonnées de votre médecin ;
- Coordonnées de votre pharmacie habituelle ;
- Accès à Mon espace santé, si vous l’utilisez.
Si vous avez une ordonnance
Présentez-vous dans une pharmacie avec :
- Votre ordonnance papier ou numérique ;
- Votre carte Vitale, si vous l’avez ;
- Vos médicaments et boîtes encore disponibles ;
- Votre pilulier, le cas échéant ;
- Une pièce d’identité, si possible.
Expliquez au pharmacien :
- Quels médicaments ont été perdus, détruits ou laissés sur place ;
- Ceux qui sont encore disponibles ;
- La quantité qu’il vous reste ;
- La date et l’heure de votre dernière prise ;
- Si les médicaments avaient déjà été délivrés avant l’évacuation.
Le pharmacien vérifiera :
- La validité de l’ordonnance ;
- Les précédentes délivrances ;
- Les médicaments qui doivent réellement être remplacés ;
- Les règles particulières applicables à certains traitements ;
- Les possibilités de prise en charge.
Il n’est pas toujours nécessaire de renouveler l’ensemble de l’ordonnance : seuls les médicaments manquants ou disponibles en quantité insuffisante pourront devoir être remplacés.
Si l’ordonnance renouvelable est expirée, le pharmacien peut, sous certaines conditions, dispenser les médicaments ou dispositifs nécessaires à la poursuite d’un traitement chronique.
Cette possibilité ne s’applique pas à tous les médicaments, notamment aux stupéfiants et assimilés.
Si vous n’avez pas d’ordonnance
Présentez-vous dans une pharmacie ouverte et apportez tout élément pouvant aider à retrouver votre traitement (voir plus haut).
Le pharmacien pourra, avec votre accord :
- Consulter votre Dossier Pharmaceutique ;
- Contacter votre pharmacie habituelle ;
- Contacter votre médecin ;
- Vérifier les documents médicaux disponibles ;
- Vous orienter vers un médecin si une nouvelle ordonnance est nécessaire.
Le Dossier Pharmaceutique permet notamment au pharmacien de retrouver les médicaments précédemment délivrés, leur dosage et la date de délivrance. Il constitue une aide pour reconstituer le traitement, mais ne remplace pas nécessairement une prescription et ne permet pas toujours de savoir si un médicament a été récemment arrêté ou modifié.
Cas particulier : Vos médicaments ont pu être exposés à la chaleur ou à l’eau
Ne les utilisez pas sans avis d’un pharmacien s’ils ont été :
- Directement exposés aux flammes ou à une chaleur très importante ;
- Mouillés ou contaminés ;
- Retrouvés dans un emballage fondu, noirci ou déformé ;
- Sortis de leur conditionnement et ne peuvent plus être identifiés ;
- Conservés hors du réfrigérateur alors qu’ils doivent rester entre 2 et 8 °C ;
- Modifiés dans leur couleur, leur forme, leur odeur ou leur consistance.
Les conditions de conservation figurent sur l’emballage et la notice. Les médicaments à conserver entre 2 et 8 °C nécessitent une vigilance particulière. Une exposition à la chaleur ne conduit toutefois pas automatiquement à jeter tous les médicaments : l’évaluation dépend du produit, de la température et de la durée d’exposition. Demandez conseil au pharmacien.
Ne retournez jamais dans une zone évacuée pour récupérer un traitement sans l’autorisation des services de secours.
Pour en savoir plus :
Pharmaciens d’officine - Accueil des patients évacués : médicaments de la réserve hospitalière
Dans le contexte des incendies en Gironde et dans les Landes, les officines peuvent recevoir des patients évacués.
Conduite à tenir pour les médicaments de la réserve hospitalière
Certains patients peuvent recevoir un médicament relevant de la réserve hospitalière, de la rétrocession, d’un accès précoce ou compassionnel ou une préparation hospitalière.
Dans ce cas :
- Orienter le patient vers la pharmacie à usage intérieur (PUI) autorisée d’un établissement de santé*
- Contacter impérativement la PUI avant tout déplacement afin de vérifier que le médicament est disponible
- Confirmer le site de délivrance, les horaires, les documents requis, les modalités de rendez-vous et, le cas échéant, les conditions de transport
- Ne pas envoyer le patient vers l’établissement sans confirmation préalable de la PUI
Lors de l’appel, préciser la dénomination exacte du médicament, le dosage, la forme, la quantité nécessaire et le degré d’urgence.
Les données de santé nominatives doivent être transmises par un canal sécurisé.
Pour en savoir plus
Lorsque vous souhaitez voyager à l’étranger avec des médicaments classés comme stupéfiants ou psychotropes vous devez respecter certaines règles.
Les règles seront différentes selon que vous voyagez dans l’espace Schengen ou dans des pays tiers à l’espace Schengen.
A votre disposition :
L’article R.5132-36 du Code de la Santé Publique prévoit qu'en cas de péremption, d'altération ou de retour, le pharmacien titulaire de l'officine procède à la dénaturation des substances, préparations ou médicaments classés comme stupéfiants, en présence d'un confrère.
A votre disposition :
Pour signaler les ordonnances suspectes hors enquête OSIAP, il suffit de contacter le point focal de la plateforme de l’ARS, accessible 24h/24.
Comment contacter le point focal de la plateforme de l'ARS :
Les Centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance-addictovigilance (CEIP-A) de Poitiers pour l’ex-Limousin et l’ex-Poitou-Charentes et de Bordeaux pour l’ex-Aquitaine sont à votre disposition pour toute demande de renseignement sur les détournements de médicaments :
- Coordonnées du CEIP-A de Poitiers pour l’ex-Limousin et l’ex-Poitou-Charentes
Courriel : addictovigilance@chu-poitiers.fr
Tél : 05.49.44.38.36 - Coordonnées du CEIP-A de Bordeaux pour l’ex-Aquitaine
Courriel : ceip.addictovigilance@u-bordeaux.fr
Tél : 05 56 98 16 07
Pour en savoir plus :
A votre disposition :
- La plaquette "Pharmacies d’officine : de bonnes pratiques à partager" - ARS Aquitaine – juillet 2014
Officines 2019 / Plaquette "Les bonnes pratiques et les différentes démarches qualité à mettre en place dans son officine" (pdf, 1.77 Mo) - La plaquette "Sécurité à l’officine : adopter la démarche qualité" - ARS Nouvelle-Aquitaine – octobre 2016
Officines - Plaquette "Sécurité à l’officine : adopter la démarche qualité" ARS Nouvelle Aquitaine – octobre 2016 (pdf, 289.93 Ko)
Durant les heures d’ouverture de l’officine la présence d’un pharmacien titulaire est obligatoire.
Lorsque celui-ci doit s’absenter, il doit se faire remplacer.
Les règles applicables ne seront pas les mêmes selon la durée de l’absence.
A votre disposition :
En tant que pharmacien d’officine, vous avez déjà dû avoir affaire à une ordonnance établie dans un pays étranger.
Concrètement, quelles sont les règles à appliquer et les vérifications à effectuer.
- Pour des ordonnances en provenance de l’Union Européenne (UE) ou de l’Espace Economique Européen (EEE)
- Pays membres de l’UE : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède
- Pays membre de l’EEE (non cité ci-dessus) : Islande, Liechtenstein et Norvège
- Pour des ordonnances provenant de l’extérieur de l’espace Schengen
Selon la décision n° 270229 du 26 octobre 2005, la délivrance des médicaments doit être effectuée au vu « des originaux de ces ordonnances » et non « de simples télécopies d’ordonnances ».
Le pharmacien peut refuser la délivrance s’il a des doutes légitimes et justifiés quant à l'authenticité, au contenu ou à l'intelligibilité de la prescription, ou quant à la qualité du prescripteur.






