Chaque année avant l’été, l’ARS publie une carte par département qui fait le bilan des 4 saisons précédentes. L’édition 2026 de cette carte, transmise aux collectivités locales et aux gestionnaires privés, leur permet en l’affichant sur les zones de baignades de donner une indication aux estivants sur la qualité de l’eau sur les saisons estivales de 2022 à 2025. Elles sont disponibles sur le site de l’ARS.
Ces cartes sont disponibles sur le site de l’ARS :
Ce contrôle saisonnier de la qualité de l’eau de loisirs vise à prévenir les risques pour la santé des baigneurs. Le classement 2025, basé sur les 4 dernières années de contrôle, confirme la très bonne qualité des eaux de baignades de la Nouvelle-Aquitaine : 97,3 % des baignades contrôlées respectaient les exigences de qualité européennes en termes de classement. Seules, 1,9 % présentaient une qualité insuffisante.
Le contrôle des eaux de baignade réalisé chaque année par l’ARS
L’ARS assure le contrôle sanitaire des eaux de baignade pour les douze départements de Nouvelle-Aquitaine en s’appuyant sur des laboratoires agréés par le Ministère de la santé. En 2025, ce sont plus de 3 400 prélèvements qui ont été réalisés. En cas d’épisode de contamination par une bactérie ou une toxine (Escherichia coli, entérocoques intestinaux, cyanobactéries, etc), l’ARS évalue le risque pour la population et définit les mesures à prendre pouvant aller jusqu’à la fermeture temporaire du site de baignade.
Évaluation de la qualité microbiologique des eaux
Pour évaluer la qualité microbiologique des eaux, l’ARS fait réaliser des prélèvements et des analyses par des laboratoires agréés par le Ministère de la santé. La qualité microbiologique dégradée d’une eau de baignade peut engendrer des troubles généralement bénins pour la santé (dermatites, troubles gastro-intestinaux, otites, etc) en particulier chez les enfants. Le contrôle de la qualité de l’eau est un enjeu majeur de santé publique.
Deux indicateurs bactériologiques de contamination fécale sont recherchés :
- Les Escherichia coli
- Les entérocoques intestinaux
Plus ces germes sont retrouvés en quantité importante, plus la probabilité de présence de germes pathogènes, d’origine bactérienne (Salmonella, Shigella, etc) ou virale (virus entériques, Hépatite A, etc), qui sont plus dangereux est élevée.
Ces pollutions microbiologiques peuvent être liées à des dysfonctionnements de l’assainissement collectif (station d’épuration, réseau d’assainissement, etc) ou à la non-conformité de systèmes d’épandages ou de fosses septiques. Les activités agricoles ou la faune sauvage peuvent aussi être à l’origine de ces contaminations. De même, l’augmentation de l’activité touristique en période estivale avec des rejets plus importants dus à l’afflux des estivants ou la pluviométrie qui entraîne le lessivage des sols et des voieries, jouent un rôle dans la contamination des eaux de baignade.
En savoir plus :
À la fin de chaque période estivale, l’interprétation statistique des résultats d’analyses microbiologiques réalisées l’année en cours et les trois années précédentes permet d’établir un classement des eaux de chaque site de baignade, selon les critères la Directive européenne 2006/7/CE du 15 février 2006
Classement européen (lié à la qualité bactériologique des années 2022 à 2025)
Ces classements sont établis en fonction des résultats bactériologiques. Ils ne reflètent donc que partiellement l'état sanitaire des baignades. Des sites de baignades d’eau douce peuvent être concernés par la prolifération de cyanobactéries. Leur croissance est favorisée par les températures élevées, l’ensoleillement mais également par un faible renouvellement de l’eau ou une accumulation de sédiments. Ces phénomènes de prolifération ne sont pas identiques d’une année sur l’autre pour un même site.
Surveillance des cyanobactéries dans l’eau et recherche de toxines
Les cyanobactéries sont des micro-organismes qui peuvent être présents dans les eaux douces. Elles peuvent se multiplier de façon anormale et produire de grandes quantités de toxines pouvant provoquer des troubles plus ou moins graves pour la santé humaine et animale (irritations de la peau, des yeux, de la gorge, maux de ventre, nausées, vomissements, diarrhées, maux de tête, voire atteinte hépatique ou neurologique).
Seules les baignades en eaux douces font l’objet d’analyses pour rechercher les cyanobactéries, les eaux de mer ne sont pas concernées.
Les gestionnaires, publics ou privés, des sites de baignade doivent assurer une surveillance visuelle quotidienne de leurs eaux afin de détecter les changements d’aspect, la présence d’écumes, d’algues. S’ils soupçonnent la présence de cyanobactéries, ils alertent l’ARS pour qu’elle effectue des analyses.
L’instruction du ministère de la Santé d’avril 2021 (1)a précisé les modalités de gestion à mettre en œuvre vis-à-vis du risque lié à la présence de cyanobactéries.
Pour les sites à risque de prolifération de cyanobactéries et en complément de la surveillance réalisée par la Personne Responsable de l’Eau de Baignade (PREB), l’ARS effectue un contrôle sanitaire basé à la fois sur l’observation visuelle et sur la mesure de différents paramètres (dénombrement des cyanobactéries, dosage des toxines le cas échéant).
Les mesures prises
Lorsqu’une toxine est détectée au-delà de son seuil sanitaire, la baignade est déclarée interdite par le gestionnaire public ou privé.
Les activités aquatiques (activités qui supposent une immersion dans l’eau ou le recours à la nage ponctuellement, ex : structures de jeux dans l’eau) et nautiques (navigation à l’aide d’équipements flottants, ex : canoë) sont également interdites dans cette zone de baignade.
Les activités aquatiques sont également interdites dans la zone contigüe si la présence de cyanobactéries y est constatée. Le gestionnaire public ou privé est tenu d’informer le public du niveau de risque sanitaire. En revanche les activités nautiques à proximité de ces zones de baignades restent autorisées (les pratiquants n’étant pas immergés et en contact pendant une période prolongée dans l’eau). Des mesures préventives : rinçage des combinaisons, équipements nautiques, la prise de douche, etc…. seront transmises aux gestionnaires des sites de baignade.
En cas de résultats non conformes
Quand les résultats des analyses (bactériologiques ou recherche de cyanotoxines) effectuées par l’ARS ne sont pas conformes, celle-ci demande au gestionnaire public ou privé du site une fermeture temporaire de la baignade. Un nouveau contrôle est programmé les jours suivants. L’ARS peut aussi procéder à des inspections sur place pour vérifier la bonne application de la réglementation, et notamment si l’information au public est bien visible (affichage des bulletins d’analyse des eaux). Une baignade peut aussi être interdite par les autorités administratives si les conditions matérielles d'aménagement ou de fonctionnement portent atteinte à la santé ou à la sécurité des utilisateurs ainsi qu'à l'hygiène, ou si les installations ne sont pas conformes.
Les gestionnaires publics ou privés de sites de baignade sont également tenus d’assurer une surveillance visuelle quotidienne de leurs eaux afin de prévenir tout risque sanitaire pour les baigneurs.
En plus des contrôles effectués par l’ARS, ils peuvent réaliser des analyses rapides portant sur les mêmes agents bactériens que ceux recherchés par l’ARS (résultats en 6-8 heures) pouvant conduire à une réouverture rapide des sites de baignade, sans attendre les résultats des contrôles effectués par l’ARS (72 heures).
En cas de risques avérés pour la santé, certains gestionnaires de sites de baignades peuvent choisir d’interdire, temporairement, la baignade par arrêté municipal et d’en informer le public par voie d’affichage. Cette démarche proactive qui permet de prévenir les risques sanitaires est encouragée par l’ARS.
Sur les zones de loisirs nautiques situées à distance d’une zone de baignade, l’ARS n’est pas compétente pour mettre en œuvre le contrôle sanitaire ni pour statuer sur des mesures de gestion associées. La gestion du risque lié à la présence de cyanobactéries est complexe et relève souvent d’une gestion interministérielle (Santé, Sport, Intérieur, Agriculture).
(1) N°DGS/EA4/EA3/2021/76






