Pesticides, comment préserver sa santé, comment agir ?

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En l’absence de connaissances scientifiques précises sur l’apparition d’effets néfastes sur la santé par les pesticides, le principe de précaution est retenu.
Les études en cours apporteront des éléments tangibles qui feront évoluer les lois. Il est cependant possible de prendre des mesures individuelles ou collectives pour limiter notre exposition et prévenir le risque d’impact sur notre santé.

De nombreux agriculteurs sont déjà engagés dans l’évolution de leurs pratiques professionnelles, y compris dans le domaine viticole :

A noter également dans les bonnes pratiques l’existence d’une charte « pomiculture» qui concerne les départements de la Corrèze, de la Haute-Vienne et de la Dordogne.

Si vous le souhaitez, vous pouvez être accompagné dans :

  • L’apprentissage de nouvelles méthodes qui utilisent moins de pesticides
  • Le choix de produits moins nocifs pour votre santé, celle des riverains et pour l’environnement
  • Pour les exploitants viticoles, rejoignez le projet VitiRev, un pas possible vers la sortie des pesticides en viticulture et pour la transition agro-écologique de la Nouvelle-Aquitaine.
Visuel Pesticides / Parternaires VITIREV

Vous pouvez également contacter :

Dans tous les cas, vous pouvez adopter des mesures de prévention pour protéger :

  • Les riverains :
    • Mettre  en place des actions de prévention pour les riverains : les informer par voie d’affichage ou par un autre dispositif mis en place avec votre commune.
    • Dialoguer avec les autres agriculteurs pour les inciter à la mise en place d’actions de prévention
  • Votre santé :
    • Lors de l’utilisation des produits, bien respecter les consignes d’utilisation des produits, vérifier les doses et les matériels, porter des équipements de protection individuelle (EPI) en bon état. 
    • Limiter l’exposition des membres de votre famille (stockage des produits, lavage des vêtements, hygiène personnelle…)
    • Déclarer les symptômes que vous ressentez, notamment suite à une utilisation de produits phytopharmaceutiques via le dispositif mis en place par la MSA :
Visuel Phyt'Attitude

« 1 personne sur 5 qui pulvérise ou applique un produit phytosanitaire affirme avoir développé des symptômes lors de l'utilisation de produits phytosanitaires. Maux de tête, nausées, irritations... signalez vos symptômes à Phyt'attitude en appelant le n° vert gratuit : 0 800 887 887. »

La réglementation qui encadre l’utilisation des phytosanitaires permet de réduire les risques d’exposition des riverains. Cependant si vous êtes riverain de parcelles agricoles et que vous suspectez une dérive de produits lors d’un traitement, vous pouvez adopter de   bons gestes pour limiter votre exposition :

  • Respecter un délai d’au moins 3 jours avant la consommation des fruits et légumes qui ont été potentiellement pulvérisés
  • Laver abondamment et peler les fruits et légumes provenant des jardins proches du site traité
  • Eviter tout apport de terre à l’intérieur du logement, nettoyer les chaussures et en changer en entrant dans le logement
  • Ecarter les enfants du site traité ou si ce n’est pas possible veiller à ce qu’ils aient des activités qui limitent les contacts cutanés avec le sol traité et l’ingestion de poussière
  • Se laver les mains et celles des enfants très régulièrement, en particulier avant la prise d’un repas, se couper les ongles courts et les brosser fréquemment, et, de manière générale, assurer une bonne hygiène, avec une attention particulière pour celle des enfants
  • Procéder, avec des gants, au nettoyage humide des sols et du mobilier extérieur, des rebords de fenêtres et des dallages à proximité des maisons
  • Laver régulièrement les jeux d’enfants présents à l’extérieur du logement
  • Donner des bains réguliers aux animaux de compagnie (au moins une fois par semaine) et si possible juste après un épandage si votre animal est susceptible d’avoir été présent dans la zone traitée
  • Renouveler l’eau des piscines selon les recommandations usuelles.

En complément des recommandations à suivre toute l’année, lors des épandages de proximité, il est recommandé, par mesure de précaution, de :

  • Ne pas laisser les enfants dehors pendant la durée de l’épandage et au moins 1h après, surtout en cas de vent important
  • Fermer les fenêtres pendant la durée de l’épandage puis aérer après avoir attendu au moins  1h ,
  • Relaver les vêtements qui auraient séché dehors pendant de l’épandage.

Au-delà de ces mesures de précaution, vous pouvez :

  • Solliciter le maire de votre commune pour vérifier si des actions sont mises en place en concertation avec les exploitants agricoles
  • Informer l’ARS et le Centre antipoison et de toxicovigilance (CAP-TV)  des symptômes aigus suite à un épandage de pesticides  

Vous êtes Maire ou Elus d’une collectivité ? Vous pouvez agir…

Dans la relation avec les agriculteurs :

En tant que maire ou élu, vous pouvez assurer un rôle essentiel de médiation entre les habitants et les exploitants agricoles,  par exemple en organisant des moments d’échanges ou des débats publics afin d’instaurer une meilleure compréhension et de trouver les moyens adaptés qui permettront de limiter les expositions aux pesticides (aménager des zones tampon, des haies, traiter à des dates et horaires adaptés …).

Vous pouvez aussi aider les exploitants agricoles à mettre en place des dispositifs permettant d’informer les riverains des dates et horaires de traitements, des types de produits utilisés et de leurs objectifs : afficher en mairie, informer des riverains, répertorier les établissements « sensibles » (comme les crèches et les établissements scolaires) et informer les exploitants agricoles des horaires et jours de fonctionnement de ces établissements (horaires des récréations…),…

Dans votre gestion des services techniques :

Vous êtes concernés par l’application de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte qui prévoit que l’État, les collectivités territoriales et leurs groupements, ainsi que les établissements publics ne peuvent utiliser ou faire utiliser des produits phytopharmaceutiques pour l’entretien des espaces verts, des forêts, des voiries ou des promenades accessibles ou ouverts au public depuis le 1er janvier 2017, en dehors des exceptions prévues par la loi.

Pour vous accompagner dans votre démarche, le Ministère chargé de l’environnement a élaboré un guide « Ma commune sans pesticide : le guide des solutions zéro pesticide » qui fait le point sur la réglementation applicable dans les espaces publics et expose des initiatives locales particulièrement réussies.

Un questions-réponses sur les textes réglementant l'utilisation des produits phytosanitaires (loi « Labbé ») est également disponible.

Vous pouvez ainsi vous engager dans des démarches environnementales avec l’objectif « zéro phyto » ou « zéro pesticide » via une charte régionale d'accompagnement vers le zéro pesticide.

Dans votre plan local d’urbanisme :

Les collectivités territoriales ayant une compétence dans le domaine de l’urbanisme (plan local d’urbanisme (PLU), plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), schéma de cohérence territoriale (SCOT),...) disposent d’un levier d’action pour prendre en considération le risque d’exposition des riverains  de zones agricoles.

Exemples de précautions adoptées :

  • Veiller à la localisation des zones ouvertes à la construction
  • Imposer une zone sans traitement
  • Prévoir des haies physiques ou végétales
  • Sauvegarder des espaces de biodiversité

En tant que professionnel de santé, vous pouvez rester vigilants vis-à-vis des symptômes affichés par vos patients, particulièrement si vous exercez dans une région exposée aux pesticides :

  • En vous informant sur les risques des expositions aux produits phytosanitaires

En savoir plus sur les principales études relatives à l’effet des pesticides sur la santé » :

  • L’expertise collective de l’INSERM de 2013  qui présente les travaux d’un groupe d’experts sur le thème « pesticides, effets sur la santé »
  • L’étude nationale nutrition-santé (ENNS) qui a fourni la première estimation de l’imprégnation par certains pesticides chez 400 adultes âgés de 18 à 74 ans, en 2006-2007 en France continentale.
  • La cohorte Elfe (Étude longitudinale depuis l’enfance) qui  donne une première photographie de l’imprégnation par les pesticides des femmes enceintes, en 2011, en France continentale. Dans cette étude, plus de 1 000 femmes enceintes ont fait l’objet d’un dosage de pesticides dans des prélèvements d’urine.
  • L’étude « Esteban » menée par Santé publique France complétera ces deux études. Elle permettra de fournir une représentation de l’imprégnation de la population générale par les pesticides, en France continentale, et pour la première fois chez des enfants âgés de plus de 6 ans. Les premiers résultats seront disponibles en 2020.

FOCUS

Plusieurs signalements d’exposition aux pesticides, notamment chez des enfants en Gironde, au cours des dernières années, ont abouti à la mise en place d’études nationales (lien entre expositions agricoles et cancer de l’enfant, exposition environnementale et biologique des riverains). L’ARS Nouvelle-Aquitaine, à l’initiative de ces demandes, prend part aux études dans le cadre du Plan régional santé environnement (PRSE).

Par ailleurs, l’ARS Nouvelle-Aquitaine a demandé et soutenu la création du Centre Artemis, basé au CHU de Bordeaux, pour évaluer les expositions environnementales chez des patients présentant des troubles de la fertilité, des pathologies de la grossesse et des malformations congénitales en appui des professionnels de santé. Cette évaluation doit permettre de placer les patients dans les meilleures conditions pour le futur en mettant en place si nécessaire des actions de prévention concernant leurs expositions environnementales.

  • En informant vos patients des bonnes pratiques à mettre en œuvre (voir plus haut, partie « riverain »)

D’une façon générale, comme pour tous les produits ménagers, il convient de respecter quelques consignes simples : 

  • Les pesticides ne doivent pas être utilisés par et en présence des femmes enceintes pendant toute la durée de la grossesse et des jeunes enfants, qui peuvent être particulièrement exposés par leurs jeux au sol et le port des mains à la bouche.  
  • L’usage de produits dans les jardins (désherbants) ou pour les plantes intérieures est INTERDIT depuis le 1er janvier 2019.  
  • LIMITER LE PLUS POSSIBLE L’UTILISATION de produits insecticides au domicile, d’antiparasitaires pour les animaux domestiques.  
  • Lors de l’achat d’un pesticide, se poser les questions suivantes : « Est-ce vraiment indispensable ? N’existe-t-il pas une autre solution ? ».  
  • Si l’utilisation s’avère indispensable, il est important de RESPECTER LES CONSIGNES D’UTILISATION ET DE STOCKAGE mentionnées sur les emballages afin de limiter les expositions humaines ou environnementales aux substances chimiques : 
    • Ranger les produits hors de portée des enfants, dans des endroits éloignés des lieux de vie, bien ventilés et non chauffés ; 
    • Ne pas mélanger les produits ni les utiliser simultanément ou de manière rapprochée ;
    • Ne jamais transvaser les produits dans un autre flacon que le flacon d’origine ; 
    • Ne pas utiliser en présence des enfants ; 
    • Ne pas rester dans la pièce après utilisation d’aérosols (aérer avant le retour dans la pièce) ;  
    • Aérer le local pendant et après l’utilisation ;
    • Utiliser des protections du type gants et masque lors de l’application ainsi que des vêtements couvrant le corps (bottes, pantalon, manches longues) ; 
    • Manipuler avec précaution et éviter de respirer directement le produit (porter un masque si possible) ; 
    • Respecter les doses préconisées par le fabricant (ne pas augmenter les quantités) ;  
    • Peler et laver soigneusement les fruits et légumes avant leur consommation ;
    • Bien se laver les mains après l’utilisation et si possible prendre une douche ; 
    • Pour les médicaments à usage humain ou vétérinaire, suivre scrupuleusement les consignes indiquées sur la notice.

Consignes complémentaires concernant des produits insecticides ou autres biocides :

  • Les produits anti-poux sans insecticide sont à privilégier (idéalement huiles végétales qui agissent en asphyxiant les poux, associés à un peignage méticuleux avec un peigne adapté - dents espacées de moins de 0,3 mm - et un lavage des vêtements et tissus en contact prolongé avec la tête comme les sièges ou les oreillers).  
  • Contre les insectes, les parasites, les rongeurs, … : utiliser des moyens physiques (moustiquaires, nasses, tapettes, ruban à glu, …). 
  • Contre les bactéries, virus, champignons, acariens : préférer l’aération des logements plutôt que l’utilisation de sprays « assainissant ». 

Consignes concernant les aliments : 

  • Peler et laver soigneusement les fruits et légumes avant de les consommer (cette préconisation s’applique également pour les produits issus de l’agriculture biologique) ;  
  • Diversifier l’alimentation et les sources d’approvisionnement des denrées alimentaires ; 
  • Privilégier les fruits et légumes de saison ainsi que les produits locaux ;
  • Consommer si possible des produits issus de l’agriculture biologique. Dans les repères alimentaires pour les adultes du Programme national nutrition santé 2017-2021, le Haut Conseil de la santé publique conseille de privilégier le BIO comme mode de production comme il limite l’exposition aux pesticides (exception pour les contaminants persistants comme les dioxines, les organophosphorés, les mycotoxines…). Il rappelle également qu’un produit BIO gras et/ou sucré n’est pas meilleur pour la santé parce qu’il est BIO d’un point de vue purement nutritionnel.  

Pesticides dans l'air, que fait l'ARS Nouvelle-Aquitaine ?

Visuel de l'affiche pesticides ARS Nouvelle-Aquitaine - Que fait l'ARS ? qui est proposée au téléchargement.

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