Face à la progression du nombre de cas autochtones de chikungunya en Gironde, soit 57 cas (Bulletin épidémiologique Santé publique France Nouvelle-Aquitaine du 15 septembre 2026), l’ ARS Nouvelle-Aquitaine en lien avec la Préfecture de Gironde, la Préfecture des Landes, Santé publique France et Altopictus qui assure les opérations de démoustication (68 traitements en Gironde et 3 traitements dans les Landes entre le 1er mai et le 15 septembre) invitent la population, et notamment celle des communes concernées*, à la plus grande vigilance pour stopper les chaines de transmission. Il leur est fortement recommandé de se protéger des piqures du moustique tigre en utilisant un répulsif cutané, de porter des vêtements amples et couvrants et de poser des moustiquaires pour les bébés et les personnes alitées.
* Prignac-et-Marcamps, Talence, Cavignac, Arcachon, Bordeaux, Etauliers, Portets, Créon en Gironde et Biscarrosse dans les Landes.
Le chikungunya, une maladie qui peut être invalidante
On parle de cas autochtone quand une personne a contracté la maladie sur le territoire national et n’a pas voyagé en zone contaminée dans les 15 jours précédant l’apparition des symptômes (les zones intertropicales sont les zones de circulation habituelles). Pour rappel, le chikungunya ne se transmet pas directement de personne à personne, mais uniquement par l’intermédiaire de la piqûre d’un moustique (moustique tigre présent en métropole), lui-même infecté par le virus du chikungunya.
Après un délai d’incubation de 2 à 10 jours, l’infection à virus chikungunya entraine des atteintes articulaires, souvent très invalidantes. Celles-ci concernent principalement les poignets, les doigts, les chevilles, les pieds, les genoux et, plus rarement, les hanches ou les épaules. À cette atteinte articulaire s’ajoutent fréquemment des maux de tête accompagnés de fièvre, des douleurs musculaires importantes, une éruption cutanée au niveau du tronc et des membres. Les traitements existants sont uniquement symptomatiques. Le chikungunya peut causer des douleurs significatives et une incapacité prolongée, affectant la qualité de vie des personnes touchées.
Si la plupart des personnes qui ont été contaminées en Gironde n’ont pas de séquelles, certaines ressentent encore les effets de la maladie qui rendent leur vie quotidienne difficile.
L’ARS demande aux personnes qui ont fréquenté depuis début septembre les villes particulièrement impactées et qui présenteraient des signes évocateurs du chikungunya (forte fièvre, douleurs articulaires ou musculaires, fatigue, maux de tête, éruption cutanée) de consulter sans tarder leur médecin traitant.
Le chikungunya est une maladie à signalement obligatoire auprès de l’ARS par les médecins et les biologistes. Les investigations épidémiologiques et environnementales permettent à l’ ARS d’identifier d’autres lieux potentiels de transmission du chikungunya et de mener des actions de lutte contre le moustique.
Enfin, Les personnes malades doivent limiter le plus possible leurs déplacements pendant 8 jours à partir du début de la maladie, et éviter de se faire piquer afin de ne pas propager la maladie.
Éviter la prolifération de nouveaux moustiques, les bons gestes
Le mois de septembre est particulièrement propice au développement du moustique tigre (remise en eau des gîtes de reproduction suite aux précipitations), chaque habitant est donc invité à supprimer les eaux stagnantes en appliquant des gestes simples :
- Vider les récipients et tout ce qui retient de petites quantités d’eau (mobiliers de jardin, bâches…).
- Remplir de sable les coupelles de pots de fleurs
- Ranger à l’abri de la pluie tout ce qui peut contenir de l’eau (jouets des enfants, seaux, arrosoirs),
- Fermer hermétiquement ou recouvrir d’une moustiquaire les réserves d'eau,
- Veiller au bon écoulement de l’eau dans les regards de descente de gouttières ou verser une goutte d’huile végétale à la surface après les épisodes pluvieux...
En complément de ces mesures, les maires des communes concernées sont tenus informés de l’évolution de la situation, et prennent les mesures nécessaires pour lutter contre les gîtes larvaires dans l’espace public.
La mobilisation de tous pour éliminer les larves de moustiques est primordiale pour casser les chaînes de transmission. Les équipes de l’ARS et de Santé publique France sont fortement mobilisées ainsi que l’opérateur Altopictus pour mener les actions de terrain (enquêtes entomologiques, opérations ciblées de démoustication, identification de cas potentiels dans le voisinage, information des professionnels de santé des secteurs concernés).
L’engagement de tous est nécessaire pour limiter la propagation du virus et éviter que d’autres communes de Gironde et des Landes ou de départements limitrophes soient concernées.






