Nouvelle-Aquitaine

Pesticides / Produits phytosanitaires

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Photo pesticides tracteur
Le Plan Régional Santé Environnement souligne que « la Nouvelle Aquitaine en tant que première région agricole de France, est particulièrement concernée par la thématique des pesticides.

C’est l’une des régions françaises où la pression phytosanitaire est la plus élevée (Etat des Lieux Santé Environnement 2016).
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Avec certaines substances identifiées comme agents cancérogènes entraînant un excès de risque parmi les populations rurales ou agricoles dans un contexte professionnel pour les lymphomes malins non hodgkinien, les leucémies, le cancer des testicules, les pesticides arrivent en tête des sujets d’inquiétude de la population régionale ». Sur 18 agents environnementaux testés sur une échelle de 1 à 10, les pesticides enregistrent le plus haut score d’inquiétude (Baromètre Santé Environnement Nouvelle-Aquitaine 2015). C’est également la thématique la mieux « connue » du grand public : seulement 2,7 % des personnes interrogées pour le Baromètre n’en a jamais entendu parler.

Les risques sanitaires liés à l’exposition aux pesticides peuvent être liés à des intoxications aigües des utilisateurs (absorption accidentelle du produit, contact cutané ou inhalation lors de manipulation des produits ou lors de l’application du traitement). Les risques à long terme, quant à eux, sont plus difficiles à apprécier. Des publications scientifiques récentes ont mis en évidence des liens avec des effets retardés sur la santé principalement dans le champ des cancers, des effets neurologiques et des troubles de la reproduction. Une exposition à des faibles doses pourrait donc avoir des conséquences sanitaires à long terme pour le consommateur. Plusieurs signalements d’exposition aux pesticides, notamment chez des enfants en Gironde, au cours des dernières années, ont abouti à la mise en place d’études nationales (lien entre expositions agricoles et cancer de l’enfant, exposition environnementale et biologique des riverains) auxquelles l’ARS Nouvelle Aquitaine prendra part dans le cadre du PRSE (cf. infra).

Toutefois, les connaissances sur les pesticides se heurtent à plusieurs limites :

  • la complexité de l’analyse des données de surveillance : des milliers de substances actives sont concernées, les producteurs de données sont multiples ;
  • l’absence de données sur les propriétés de certaines substances et sur leurs utilisations effectives par épandage ;

au niveau régional, les disparités géographiques en matière de couverture des dispositifs de surveillance (air, plainte, etc...)

Les pesticides (produits phytosanitaires et biocides) sont des substances chimiques liées aux activités humaine, telles que les herbicides, les insecticides, les fongicides, utilisées pour la protection des cultures contre les maladies, les insectes ravageurs ou les "mauvaises herbes", essentiellement dans le traitement des terres cultivées mais aussi dans le désherbage des bas-côtés des routes, des voies ferrées et l’entretien des jardins des particuliers.

Les pesticides se dégradent plus ou moins lentement dans l'environnement. Dans l’air, la présence de plusieurs molécules (fongicides majoritairement dans les vignes et herbicides dans les grandes cultures) dont certaines interdites depuis plusieurs années (ex : lindane) est toujours relevée. Dans l’eau, compte tenu de la solubilité de certaines substances, de leur biodégradabilité, des pertes, mêmes faibles en pourcentage par rapport aux produits employés, suffisent à contaminer les milieux.

Elles se retrouvent dans les ressources en eaux notamment celles utilisées pour la production d'eaux destinées à la consommation humaine.

Un contrôle renforcé des pesticides est mis en place sur la majorité des ouvrages de captages et des stations de traitement d’eau destinée à la consommation de la région. Les résultats de ces contrôles sont disponibles :

  • auprès des maires, présidents de syndicats et exploitants des réseaux auxquels les résultats d’analyses du contrôle sanitaire sont transmis ;
  • auprès du maître d’ouvrage qui établit un rapport annuel à partir des synthèses annuelles de qualité dressées par l’ARS ;
  • auprès de l’exploitant qui reçoit de la part de l’ARS, une fiche d’information annuelle de la qualité de l’eau à joindre à la facture d’eau des abonnés ;
  • auprès de l’ARS sur son site internet (rubrique "Votre santé > Environnement et santé > Eaux de consommation") permettant aux internautes de s’informer en temps réel sur la qualité de l’eau distribuée via le site du ministère de la santé :
    http://www.eaupotable.sante.gouv.fr

Compte tenu du nombre élevé de pesticides utilisés et du coût des analyses, il est nécessaire de prioriser les molécules à rechercher. Dans le cadre du contrôle sanitaire, ce choix est réalisé par l’ARS en fonction notamment des activités agricoles locales, des surfaces cultivées et des quantités de pesticides vendus. Plus de 300 molécules sont recherchées en Nouvelle-Aquitaine.

Il est à mentionner que depuis plusieurs années des molécules sont interdites à l’emploi (exemples : simazine, atrazine…) mais que des concentrations résiduelles sont toujours observées.

Le PRSE de la Nouvelle Aquitaine adopté en juillet 2017 décline le Plan National Santé Environnement et fixe un premier objectif stratégique visant à agir sur les pesticides et les risques émergents ou qui progressent.

Plusieurs actions concernant les pesticides en découlent et sont traduites en mesures :

Contribuer à l’amélioration des connaissances sur les pesticides et à leur diffusion

Caractériser les expositions et les impacts aigus et chroniques sur la santé de la population générale

  • Participation aux travaux nationaux et à l’étude de biosurveillance mis en route par l’ANSES et Santé Publique France ;
  • Renforcement et soutien du dispositif Phytoplainte (voir infra) ;

Déployer la surveillance de pesticides dans l’air dans toute la région

  • Réalisation chaque année des mesures de concentrations de pesticides dans l’air sur 5 sites de la région en s’inscrivant dans le cadre défini par l’ANSES ;
  • Mise à disposition des résultats de ces campagnes ;

Produire une synthèse régionale à partir des données existantes sur les pesticides et leur dispersion dans les différents compartiments de l’environnement

  • Production d'une synthèse régionale incluant des cartographies sur les pesticides et leur dispersion dans l’eau et l’air ;

Réaliser un colloque sur la thématique des pesticides pour capitaliser l’ensemble des connaissances produites

  • Reproduire ou s’inspirer du colloque « Rencontre scientifique pesticides et santé » de février 2017 à Bordeaux.

Mettre en place une stratégie de réduction des expositions aux pesticides

Recenser les initiatives locales en matière de réduction des expositions de la population aux pesticides agricoles

  • Mise en œuvre une enquête exhaustive qui permettra de repérer sur l’ensemble du territoire régional les initiatives qui ont abouti, sont en cours ou à l’état de projet ;
  • Caractérisation des démarches, identification des outils disponibles et des besoins, notamment en termes d’accompagnement ;
  • Promotion de ces travaux dans le cadre de la mesure 2 du PRSE et à travers le portail santé-environnement ;

Accompagner les initiatives locales visant à la réduction des expositions de la population aux pesticides agricoles

  • Mise en place des appels à projets pour stimuler des actions de réduction des expositions de la population ;
  • Mobilisation des acteurs/structures concernées pour participer à ces appels à projets y compris au travers des Contrats Locaux de Santé (CLS) ;
  • Accompagnement des acteurs/structures retenues par ces appels à projets dans la mise en place de leurs actions de réduction des expositions de la population ;
  • Capitalisation des initiatives soutenues et les faire connaitre ;

Créer et animer une boîte à outils pédagogique sur les risques d’exposition aux pesticides (pesticides agricoles et biocides)

  • Disponible sur le portail santé environnement, elle contiendra notamment des outils pédagogiques sur les risques, sur les comportements adaptés, sur la réglementation, des retours d’expériences positives en matière de réduction des expositions…

Dès 2013, un dispositif de recueil des plaintes dénommé Phytoplaintes a été créé. Il est complété par un suivi et des mesures de gestion.

Le détail du fonctionnement du dispositif Phytoplainte est accessible:

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