Nouvelle-Aquitaine

Pesticides / Produits phytosanitaires

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La région Nouvelle Aquitaine en tant que première région agricole de France, est particulièrement concernée par la thématique des pesticides.
Recueil des signalements, incitation des politiques publiques, études sanitaires, information et sensibilisation … l’ARS Nouvelle-Aquitaine propose des actions concrètes de prévention, dans son domaine de compétences, pour protéger au mieux la population.
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Les pesticides (produits phytopharmaceutiques et biocides) sont des substances chimiques, telles que les herbicides, les insecticides, les fongicides, utilisées pour la protection des cultures contre les maladies, les insectes ravageurs ou les "mauvaises herbes". Ces produits sont utilisés essentiellement dans le traitement des terres cultivées mais aussi dans le désherbage des bas-côtés des routes, des voies ferrées ou même parfois l’entretien des jardins par des particuliers.

La Nouvelle-Aquitaine est l’une des régions françaises où la pression phytosanitaire est la plus élevée (Etat des Lieux Santé Environnement 2016). C’est également un des sujets, avec la pollution des sols et de l’air qui suscitent les inquiétudes les plus fortes pour les Néo Aquitains (Baromètre Santé Environnement 2015).

Les pesticides se dégradent plus ou moins lentement dans l'environnement.

Dans l’air, la présence de plusieurs molécules (fongicides majoritairement dans les vignes et herbicides dans les grandes cultures), dont certaines interdites depuis plusieurs années (comme, par exemple le lindane), est toujours relevée.

Les produits pulvérisés sur les cultures se retrouvent sur les produits cultivés : céréales, fruits et légumes. Lors de leur stockage, pendant leur acheminement, ils font également l’objet de traitements complémentaires, à base de fongicides notamment. Avant leur mise sur le marché, ils doivent respecter des limites maximales de résidus. Toutefois, il est recommandé de bien laver et peler les fruits et légumes avant de les consommer.

Ces molécules indésirables se retrouvent également dans les ressources en eaux, y compris les ressources utilisées pour la production d'eaux destinées à la consommation humaine. C’est pourquoi un contrôle renforcé est réalisé (voir partie « contrôle quotidien de l’eau de boisson »).

Visuel SPF - Voies d'exposition aux pesticide

Voies d’exposition aux pesticides (source : Santé Publique France)

Les risques sanitaires clairement liés à l’exposition aux pesticides concernent en premier lieu leurs utilisateurs (majoritairement les exploitants agricoles). Ils se traduisent en premier lieu par des intoxications aigües (absorption accidentelle du produit, contact cutané ou inhalation lors de manipulation des produits ou lors de l’application du traitement).

Par ailleurs, au-delà du risque aigu, les risques à long terme de ces substances sont difficiles à apprécier. Des publications scientifiques ont mis en évidence des liens avec des effets retardés sur la santé des agriculteurs, principalement dans le champ des cancers, des effets neurologiques et des troubles de la reproduction.

En savoir plus sur les principales études relatives à l’effet des pesticides sur la santé :

  • La cohorte Elfe (Étude longitudinale depuis l’enfance) qui  donne une première photographie de l’imprégnation par les pesticides des femmes enceintes, en 2011, en France continentale. Dans cette étude, plus de 1 000 femmes enceintes ont fait l’objet d’un dosage de pesticides dans des prélèvements d’urine.
  • L’étude « Esteban » menée par Santé publique France complétera ces deux études. Elle permettra de fournir une représentation de l’imprégnation de la population générale par les pesticides, en France continentale, et pour la première fois chez des enfants âgés de plus de 6 ans. Les premiers résultats seront disponibles en 2020.

FOCUS

Plusieurs signalements d’exposition aux pesticides, notamment chez des enfants en Gironde, au cours des dernières années, ont abouti à la mise en place d’études nationales (lien entre expositions agricoles et cancer de l’enfant, exposition environnementale et biologique des riverains). L’ARS Nouvelle-Aquitaine, à l’initiative de ces demandes, prend part aux études dans le cadre du Plan régional santé environnement (PRSE).

Toutefois, les connaissances sur les pesticides se heurtent à plusieurs limites :

  • la complexité de l’analyse des données de surveillance : des milliers de substances actives sont concernées, les producteurs de données sont multiples ;
  • l’absence de données sur les propriétés de certaines substances et sur leurs utilisations effectives par épandage ;

Les autorisations de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques sont gérés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES). (Pour en savoir plus : Le site ANSES, article "Les évaluations des produits avant mise sur le marché")

La présence de pesticides et de leurs produits de dégradation (métabolites) dans l’eau est due à leur entraînement par ruissellement ou à leur infiltration dans les sols.

Selon l'OMS, l'alimentation et l’eau potable sont les principales sources d'exposition aux pesticides, sachant que la contribution moyenne de l’eau à l’exposition alimentaire totale est inférieure à 5%.

La majorité des apports en pesticides par l’alimentation provient de la consommation de fruits et de légumes.

Le Code de la santé publique (CSP) fixe les dispositions réglementaires en matière d’eau potable, en application de la directive européenne 98/83/CE. Pour les pesticides dans l’eau au robinet du consommateur, les limites de qualité sont fixées à 0,10 μg/L par substance individuelle (à l'exception de l'aldrine, la dieldrine, l'heptachlore et de l’heptachloroépoxyde : 0,03 μg/L) et à 0,50 μg/L pour le total des pesticides quantifiés.

Ces limites de qualité constituent un indicateur de la dégradation de la qualité de la ressource en eau. Elles ont pour objectif de réduire la présence de ces composés au plus bas niveau de concentration possible. Ces limites (à l'exception des 4 substances précitées) sont par conséquent inférieures à une valeur à partir de laquelle un risque sanitaire existe pour le consommateur. C’est la raison pour laquelle une eau du robinet peut être consommée tant que la concentration ne dépasse pas une « valeur sanitaire maximale » (Vmax) propre à chaque substance, évaluée par l’Anses. Ainsi, lorsque la concentration en pesticide est supérieure à la limite de qualité mais inférieure à sa Vmax, l’eau ne présente pas de risque pour la santé du consommateur ; aucune restriction d’usage de l’eau n’est prononcée.

Un contrôle renforcé des pesticides est mis en place sur la majorité des ouvrages de captages et des stations de traitement d’eau destinée à la consommation humaine de la région.

Où trouver les données sur la qualité de l’eau du robinet ?

  • en mairie, où sont affichés les derniers résultats d’analyse de l’eau du robinet, transmis par l’ARS ;
  • auprès des personnes responsables de la production et de la distribution d’eau (maires, présidents des collectivités productrices ou distributrices d’eau (syndicats d’eau, communautés de communes), exploitants).
  • avec la facture d’eau, à laquelle est jointe annuellement une note de synthèse élaborée par l’ARS sur la qualité de l’eau, pour les abonnés au service des eaux.
http://www.eaupotable.sante.gouv.fr

Compte tenu du nombre élevé de pesticides utilisés et du coût des analyses, il est nécessaire de prioriser les molécules à rechercher.

Dans le cadre du contrôle sanitaire, ce choix est réalisé par l’ARS en fonction notamment des activités agricoles locales, des surfaces cultivées et des quantités de pesticides vendues.

Plus de 300 molécules sont ainsi recherchées en Nouvelle-Aquitaine.

Il est à mentionner que depuis plusieurs années des molécules sont interdites à l’emploi (exemples : simazine, atrazine…) mais que des concentrations résiduelles sont toujours observées.

Pesticides dans l'air, que fait l'ARS Nouvelle-Aquitaine ?

Visuel affiche pesticides ARS NA - Que fait l'ARS ?
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Aller plus loin

Règlementation

  • Synthèse de la DRAAF
  • Arrêté du 12 septembre 2006
  • Arrêté du 27 juin 2011