Nouvelle-Aquitaine

Maladies à transmission vectorielle

Article
Visuel
Photo Moustique tigre
Une maladie à transmission vectorielle est une maladie qui est causée par un germe pathogène (virus, parasite, bactérie) véhiculé et inoculé par un vecteur (moustique, phlébotome, tique, punaise...), ce vecteur s'étant lui-même infecté sur un hôte virémique.
Corps de texte
Image tique maladie de Lyme

La maladie de Lyme est une maladie bactérienne qui se contracte essentiellement en forêt et en zone humide. Elle est due à une bactérie,  la borrelia burgdorferi, transmise à la suite d'une piqûre de tique.

Comment contracte-t-on la maladie de Lyme ?

La tique s'accroche sur les animaux sauvages (gibier, rongeur, oiseau) et se nourrit de leur sang pour se développer. Elle peut alors devenir porteuse de la bactérie responsable de la maladie de Lyme.

C'est à l'occasion d'une morsure de tique (larve, nymphe, adulte femelle) que la bactérie peut être transmise à l'homme.

Par contre, la maladie ne se transmet pas au simple contact d'un animal sauvage infecté ou porteur de tiques, ni entre personnes.

Attention ! Une morsure de tique n'est pas synonyme de contamination. Seules  10% des tiques environ sont porteuses de la bactérie.

Quelles sont les zones et personnes exposées ?

Les personnes les plus exposées sont :

  • Les professionnels qui travaillent dans la nature : bûcherons, sylviculteurs, gardes-forestiers, gardes-chasse, gardes-pêche, jardiniers...
  • Les amateurs d’activités «nature» : promeneurs et randonneurs en forêt, campeurs, chasseurs, ramasseurs de champignons.

Les tiques vivent :

  • Dans des milieux humides comme les forêts, les bois, talus, prairie ou jardin.

Les cas sont majoritairement recensés d'avril à octobre (printemps et automne).

Et certaines régions sont touchées plus que d'autres comme le Limousin, l'Auvergne, l'Alsace et la Lorraine. La bordure méditerranéenne et les hautes montagnes sont aujourd'hui épargnées.

Quels sont les symptômes et leur évolution ?

Le point de  morsure par une tique doit faire l'objet d'une surveillance entre 2 et 32 jours :

  • Si aucune rougeur ne se développe autour du point de piqure durant cette période, il n'y a pas lieu de consulter un médecin.
  • Si une plaque rouge apparait autour du point de piqûre et s'étend progressivement, il est nécessaire de consulter rapidement un médecin. Il vous délivrera le traitement antibiotique approprié. La rougeur disparait toute seule en quelques semaines.

En l'absence de traitement alors que les signes visibles d'une infection étaient présents (rougeur étendue) peuvent survenir quelques semaines, mois ou années plus tard, des atteintes qui peuvent devenir chroniques et toucher :

  • le système nerveux (atteinte des nerfs, paralysie faciale, méningite…),
  • les articulations (arthrite du genou),
  • plus rarement, la peau, le coeur (troubles du rythme) et l'oeil.

Comment s'en protéger ?

Avant une activité, la prévention individuelle consiste à :

  • Porter des vêtements couvrants et clairs afin de repérer rapidement les tiques, serrés au cou, aux poignets et aux chevilles (rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes), des chaussures fermées et des gants clairs en cas de travail manuel,
  • Vaporiser vêtements et ses chaussures de produits anti-tiques (attention aux contre-indications pour les enfants et les femmes enceintes),
  • Utiliser un produit anti-tiques pour vos chiens et chats.
  • Examiner régulièrement les vêtements et les parties du corps qui sont entrés en contact avec la végétation car les tiques ne se fixent pas immédiatement.

Après la fréquentation d’un milieu à risque, il convient de :

  • S’inspecter ou de se faire examiner minutieusement tout le corps y compris le cuir chevelu,
  • Prendre un bain ou une douche,
  • Laver ses vêtements.

Cet examen est à répéter pendant les jours qui suivent l’activité.

Que faire en cas de piqûre ?

Etapes pour retirer une tique

Le retrait de la tique se fait par un geste simple rapide et indolore à l’aide d’un tire-tique (achat en pharmacie). Il est indispensable de désinfecter la zone de morsure et de se désinfecter les mains.

Il ne faut surtout pas comprimer le corps de la tique ou tenter de la tuer avec de l’éther, de l’huile, de l’alcool, du vernis ou une flamme car cela risquerait de lui faire régurgiter les germes qu’elle pourrait contenir.

 

Une fois que la tique a été retirée, il convient de :

erythème tique lyme
  • Surveiller la zone de piqûre pendant plusieurs semaines,
  • Consulter un médecin en cas d’apparition de symptômes et en particulier d’une plaque rouge centrée sur le point de piqûre et qui s’étend en cercle, dans le mois qui suit la piqûre de tique

La tique est également le vecteur de transmission d'un virus, le Flavivirus, qui provoque l'encéphalite à tique dont les symptômes sont ceux d'une grippe estivale.

La transmission intervient dans les mêmes conditions que celles de la maladie de Lyme et les modalités de prévention en sont identiques.

Une application smartphone pour déclarer les piqûres de tiques :

L'article "Applications santé - Signalement-Tique"

La transmission de la dengue, du chikungunya et du Zika

Le moustique n’est pas, en lui-même, porteur du virus de la dengue, du chikungunya ou du Zika. Il ne peut le transmettre que s’il a piqué, au préalable, une personne déjà infectée.

Il n’y a pas, actuellement, d’épidémie de chikungunya, de dengue ou de Zika en France métropolitaine.

Le moustique tigre étant implanté et actif en Gironde et des personnes ayant séjourné dans des zones où ces maladies sévissent pouvant revenir infectées, il faut prendre les mesures de protection collective et individuelle (voir des gestes simples pour se protéger efficacement) nécessaires pour limiter la prolifération des moustiques et prendre en charge les personnes qui seraient susceptibles d’être infectées pour prévenir toute épidémie.

Comment se manifeste la dengue ?

La dengue est une maladie virale transmise par la piqûre des moustiques du genre Aedes (moustique tigre). La dengue provoque de fortes fièvres accompagnées de maux de tête, de courbatures et d’une sensation de fatigue. Si dans la majorité des cas il n’y a pas de complications, la maladie peut cependant évoluer vers des formes sévères (dengue hémorragique en cas d’infections répétées).
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique de la dengue, ni de vaccin.

La prise en charge est donc centrée sur la surveillance et les traitements symptomatiques pour soulager la douleur et la fièvre. L’aspirine est toutefois contre indiquée par son action anti-agrégante plaquettaire, elle peut aggraver la situation.

Comment se manifeste le chikungunya ?

Le chikungunya provoque de fortes fièvres accompagnées de maux de tête. La fièvre élevée apparaît brutalement accompagnée de douleurs articulaires pouvant être intenses, touchant principalement les extrémités (poignets, chevilles, phalanges). L’évolution est le plus souvent favorable, sans séquelle, mais elle peut aussi évoluer vers une phase chronique marquée par des arthralgies (douleurs articulaires) persistantes. L’immunité acquise est durable.
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique, ni de vaccin. Le traitement est symptomatique (anti-douleurs, médicaments contre la fièvre).

Il est nécessaire d’expliquer à la personne infectée par la dengue ou le chikungunya et à son entourage les mesures de protection pour éviter la transmission d’une de ces deux maladies par des moustiques (Aedes) au domicile.

Comment se manifeste le Zika ?

Suite à la piqure de moustique, les symptômes apparaissent après un temps d'incubation allant de 3 à 12 jours. La majorité des personnes infectées par le virus (on estime 70 à 80 % des cas) ne développent aucun symptôme. Dans sa forme classique, le virus peut provoquer un syndrome pseudo-grippal et des éruptions cutanées possiblement prurigineuses avec ou sans fièvre, des douleurs articulaires, des douleurs musculaires, des conjonctivites, des maux de têtes, et des œdèmes des mains et/ou des pieds. La plupart des cas ne justifient pas d'hospitalisation.

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique, ni de vaccin.
Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d'antalgiques (comme le paracétamol), et le repos. L’utilisation d’aspirine est fortement déconseillée en raison des risques de saignement.
Il est important de consulter un médecin en cas de signes évocateurs, tout particulièrement pour les femmes enceintes

En mai 2015, une épidémie liée au virus Zika a été rapportée au Brésil, premier pays du continent américain touché par ce virus. Elle s'est ensuite propagée dans différents pays et territoires d'Amérique du Sud et centrale, dont la Guyane, et dans des îles des Caraïbes (Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin, Saint Barthelemy…).

Sommaire

Qu’est-ce que le Zika ?

Le Zika est un virus transmis par les moustiques du genre Aedes, comme pour la Dengue et le Chikungunya. Il a été détecté pour la 1ère fois en 1947 en Ouganda, dans la forêt Zika, d'où il tire son

nom.

Comment est-il transmis ?

Le moustique du genre aedes absorbe le virus en piquant une personne malade pendant la phase de manifestation des signes (moment où le virus est présent dans le sang de la personne malade). Après un cycle de quelques jours, le moustique peut infecter de nouvelles personnes à l'occasion d'autres piqures.

Quels sont les symptômes du Zika ?

Suite à la piqure de moustique, les symptômes apparaissent après un temps d'incubation allant de 3 à 12 jours.

La majorité des personnes infectées par le virus (on estime 70 à 80 % des cas) ne développent aucun symptôme.

Dans sa forme classique, le virus peut provoquer un syndrome pseudo-grippal et des éruptions cutanées possiblement prurigineuses avec ou sans fièvre, des douleurs articulaires, des douleurs musculaires, des conjonctivites, des maux de têtes, et des œdèmes des mains et/ou des pieds. La plupart des cas ne justifient pas d'hospitalisation.

Quelles sont les complications de la maladie ?

Les complications sont peu fréquentes mais dans le cas d'une importante épidémie, elles ne doivent être négligées. Certains cas de complications neurologiques post-infectieuses, de type syndrome de Guillain-Barré, ont été constatés au Brésil et en Polynésie française. Ce syndrome se caractérise par une paralysie ascendante progressive qui peut atteindre les muscles respiratoires.

Les femmes enceintes risquent de transmettre le virus au fœtus, ce qui peut engendrer de graves anomalies du développement cérébral chez l'enfant.

Comment diagnostiquer la maladie ?

Le virus peut être détecté directement dans le sang le plus souvent dans les deux à trois jours après le début des signes. Il peut être également être détecté dans les urines dans les 10 jours qui suivent.

Existe-t-il un traitement spécifique du Zika ?

Il n'existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika.

Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d'antalgiques (comme le paracétamol), et le repos.

De plus, les médicaments de type salicylés (aspirine) sont à éviter du fait de la coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus et du risque induit de saignement.

Il est important de consulter un médecin en cas de signes évocateurs, tout particulièrement pour les femmes enceintes compte-tenu des complications chez l'enfant à naître.

Existe-t-il un vaccin contre le virus ?

Actuellement, aucun vaccin n'existe contre la maladie Zika.

Quelles sont les recommandations pour les femmes enceintes, en âge de procréer et/ou ayant un projet de grossesse résidant ou désirant se rendre dans une zone touchée par une épidémie de Zika ?

Il est spécialement recommandé aux femmes enceintes de se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques et tout particulièrement au cours des deux premiers trimestres de la grossesse.

Il est important pour toutes les femmes enceintes résidant en zone épidémique, avec ou sans antécédents de piqure de moustiques ou de symptômes de l'infection à Zika virus, d'avoir un suivi médical de grossesse adapté.

Il est conseillé d'éviter tout rapport sexuel non protégé avec un homme ayant pu être infecté par le virus Zika au moins un mois après son retour de zone d'épidémie.

Pour les voyageurs, il est recommandé aux femmes enceintes qui se rendraient dans des régions touchées par le Zika, de consulter, préalablement à leur déplacement, leur médecin traitant.

Comment se protéger contre le Zika ?

La prévention individuelle repose sur les moyens de protection contre les piqûres de moustique en utilisant différents moyens physiques et chimiques.

Il est recommandé :

  • de porter dans la journée (et en particulier en début et fin de journée, périodes d'intense activité du moustique vecteur) des vêtements amples et long couvrant également les bras et les jambes jusqu'aux chevilles
  • d'utiliser de préférence des vêtements imprégnés avec un produit insecticide spécial pour tissu, dans les zones de prolifération intense des moustiques ou en cas de contre-indication aux répulsifs (nouveau-nés, nourrisson jusqu'à trois mois)
  • d'utiliser des répulsifs sur les zones découvertes de la peau. Des précautions sont à respecter chez la femme enceinte et l'enfant (prendre avis auprès de son médecin ou d'un pharmacien)

d'utiliser des moustiquaires, des diffuseurs électriques à l'intérieur des maisons et des

  • "bandeaux collants" imprégnés d'insecticide fixés au plafond des pièces de l'habitat

Que faire en cas de maladie pour les résidents et les voyageurs rentrant des zones épidémiques ?

Pour toute apparition de signes cliniques évocateurs, il est nécessaire de consulter un médecin sans délai pour préciser le diagnostic et bénéficier d'une prescription adaptée.

Pour les voyageurs, l'apparition de ces symptômes peut intervenir jusqu'à 12 jours suivant le départ d'une zone où circule le Zika et nécessite de consulter un médecin en lui précisant la destination et les dates du séjour.

Rappelons qu'il est impératif de se protéger contre les piqûres de moustique pendant le séjour.

Quelles sont les mesures prises pour limiter la transmission du Zika ?

Outre les mesures de protection individuelles, la lutte contre la maladie passe par la prévention de la prolifération des moustiques, c'est à dire par la réduction de toutes les sources potentielles de gîtes larvaires constituées par les eaux stagnantes et tout récipient susceptible de retenir les eaux de pluie (pots de fleurs, pneus usagés, gouttières de toit mal entretenues, etc.) et par l'application de traitements larvicides lorsque la suppression de ces gîtes n'est pas possible.

Les punaises de lit

Les punaises de lits ne transmettent pas de maladie à l’homme mais sont responsables de nuisances. Elles peuvent occasionner des troubles du sommeil, de l’anxiété, un isolement social, etc. Les punaises de lit touchent toutes les catégories d’hébergement. La propreté d’un lieu ne garantit pas à elle seule la protection contre les colonisations. Quelques gestes simples permettent toutefois de se protéger.

Quels symptômes ?

Les piqûres sont le premier indice de présence des punaises. Situées généralement sur les parties découvertes du corps (main, bras, visage, jambes,
etc.), elles ressemblent aux piqûres de moustique, se présentant parfois en ligne de 4 à 5 piqûres assez caractéristiques. Les démangeaisons causées par ces piqûres peuvent être importantes. Lorsqu'un logement est

fortement infesté de punaises de lit, plusieurs lésions peuvent apparaître à plusieurs endroits sur la peau exposée lors du sommeil.

Comment se protéger ?

Pour protéger son environnement des punaises de lit, il est conseillé de :

  • Maintenir le logement propre sans encombrement d’objets inutiles.
  • Passer régulièrement l’aspirateur.
  • Eviter de se procurer des vêtements, des meubles rembourrés ou des matelas d’occasion car ils peuvent être infestés par des punaises de lits.
  • Surveiller l’apparition de toute piqûre suspecte.

Aller plus loin

Documents à télécharger