Arboviroses et moustique tigre - Espace professionnels de santé

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Médecins en discussion dans un établissement
Crédit : Phovoir

En 2025, la Nouvelle-Aquitaine a enregistré ses premiers cas autochtones de dengue et de chikungunya (contamination sur le territoire) et un nombre record d’épisodes de transmission autochtone a été identifié dans l’Hexagone.
En 2026, ces virus circulent activement dans plusieurs régions du monde et de nombreux cas importés sont déjà signalés dans la région.

Le moustique tigre, vecteur de la dengue, du chikungunya et du Zika, est présent dans tous les départements de la région, à l’exception de la Creuse ; 75 % des habitants de Nouvelle-Aquitaine vivent en contact avec le moustique.

Les conditions sont donc à nouveau réunies pour favoriser une circulation autochtone de la dengue, du chikungunya ou du Zika en Nouvelle-Aquitaine en 2026.

Pour prévenir ce risque, une surveillance épidémiologique renforcée est mise en œuvre chaque année durant la période d’activité du moustique tigre (soit du 1er mai au 30 novembre) et vous en êtes en acteur essentiel. Retrouvez ici toutes les informations pour votre pratique.

En 2025, 17 épisodes de transmission autochtone de chikungunya (1 à 103 cas par épisode) et 1 épisode de dengue autochtone (3 cas) ont été identifiés en Nouvelle-Aquitaine. Huit départements ont été concernés. Le risque de récurrence en 2026 est grand en raison de la circulation active des virus dans plusieurs régions du monde et de l’implantation large du moustique tigre sur notre territoire. La survenue de cas autochtones est notamment liée à un sous-signalement ou à un signalement tardif des cas. La confirmation biologique du diagnostic, le signalement rapide des cas et la sensibilisation des patients aux mesures de prévention sont des facteurs essentiels pour éviter la transmission de ces maladies.

En tant que professionnels de santé, votre rôle dans ce dispositif est central.

Surveillance et lutte

Ces maladies sont à signalement obligatoire et doivent être notifiées toute l'année sur le portail de signalement : https://signalement.social-sante.gouv.fr/ 

Elles sont transmises par le moustique tigre, présent sur notre territoire et actif entre les mois de mai et de novembre. Au cours de cette période, la surveillance est « renforcée » et des interventions de démoustication sont réalisées autour des lieux fréquentés par les cas pour limiter le risque de transmission autochtone. Elles vont permettre de tuer les moustiques adultes avant qu'ils ne se contaminent en piquant une personne infectée, ou qu'ils n'infectent d'autres personnes.

Zones de circulation des virus de la dengue, du chikungunya et du Zika

Ces virus sont endémiques en zone intertropicale (Amérique centrale et du Sud, Caraïbes, Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est). Vous retrouverez les actualités internationales pour la dengue et le chikungunya sur le site du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Début 2026, des poussées épidémiques de la dengue ont été observées en Amérique du sud, Amérique centrale et aux Caraïbes (Martinique).

Le chikungunya continue de circuler de manière intense dans l’Océan Indien (Mayotte, Seychelles…), dans les Caraïbes (Cuba) et en Amérique du Sud et centrale (Suriname, Guyane…).

Symptômes évocateurs

Le diagnostic doit être évoqué chez un patient de retour d’un voyage en zone de circulation virale (zones intertropicales) mais également chez un patient présentant un tableau clinique compatible et n’ayant pas voyagé en dehors de l’Hexagone.

Modalités diagnostiques

Si vous suspectez une infection par l’un de ces 3 virus, prescrivez les analyses biologiques (RT-PCR et/ou sérologie) en fonction de la date de début des signes du patient. Si le délai entre les dates de début des signes et de consultation le permet, privilégiez la prescription d’une RT-PCR et incitez votre patient à réaliser le prélèvement dans les suites immédiates de la consultation. Les tests biologiques à réaliser dépendent de la cinétique de la virémie et des anticorps. Recherchez l’ARN viral par RT-PCR pendant la période de virémie, soit jusqu’à 7 jours après les premiers signes. Recherchez des IgM et IgG par sérologie à partir du 5ème jour. Effectuez ces deux types de tests entre le 5ème et les 7ème jour après les premiers signes.

Recherchez simultanément les trois infections en raison de symptomatologies et de zones de circulation souvent similaires.

Signalement d'un cas de dengue, chikungunya ou zika

Ces 3 maladies font l’objet d’un signalement obligatoire via le portail de signalement : https://signalement.social-sante.gouv.fr/  

ARS_Portail_Signalement_Dengue_Chik_Zika_866_429

Tout résultat positif pour l’une de ces 3 maladies doit être signalé sans délai.

Alternativement, tout envoi de Cerfa contenant des données nominatives doit se faire via la page de dépôt sécurisée du point focal de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, accessible par le QR suivant :

QRCODE_Point_Focal_ARS_NA_433_433

Pour toute question, vous pouvez contacter la cellule de veille, alerte et gestion sanitaire de l’ARS :

Plateforme régionale de veille et d'urgences sanitaires de la Nouvelle-aquitaine - Point focal 24h/24, voir la description détaillée ci-après.

Plateforme régionale de veille et d'urgences sanitaires de la Nouvelle-aquitaine - Point focal 24h/24
pour signaler et alerter
Service gratuit + prix de l'appel, n° de téléphone 0 809 400 004
Courriel : ars33-alerte@ars.sante.fr
Fax : 05 67 76 70 12

Conseils à donner au patient

Un moustique tigre qui pique une personne malade en phase virémique peut devenir vecteur du virus et contaminer d’autres personnes en les piquant à leur tour.

Il est donc impératif que tout malade confirmé applique les mesures de protection contre les piqures de moustique durant sa phase virémie.

Ces mesures de protection doivent également être appliquées en cas de suspicion clinique, dans l’attente des résultats biologiques.

Ces recommandations sont les mêmes que celles aux voyageurs revenant d’une zone de circulation d’un de ces virus, notamment :

  • Porter des vêtements couvrants et amples ;
  • Appliquer sur la peau découverte des répulsifs ;
  • Utiliser des insecticides à l'intérieur (diffuseurs électriques) ;
  • Rester le plus possible à l’intérieur et empêcher les moustiques de rentrer ;
  • Poser un ventilateur au sol car cela permet d’éloigner les moustiques qui sont dérangés par le vent produit ;
  • Brancher la climatisation si cela est possible car les moustiques n'aiment pas les endroits frais.

Consultez les recommandations détaillées :

Il convient également de recommander au patient de limiter, autant que possible, ses déplacements pendant les 7 jours qui suivent le début des symptômes afin de limiter les risques de dispersion du virus et les opérations de lutte antivectorielle déployées autour de chaque lieu fréquenté.