Nouvelle-Aquitaine

SéSanE : une nouvelle culture santé pour la gestion de l’eau

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Photo verre d'eau
Une des missions de l’ARS consiste à contrôler la qualité de l’eau de consommation pour permettre à chacun d’avoir accès à une eau saine.
Une démarche novatrice d’optimisation de la sécurité sanitaire des eaux expérimentée par la délégation des Deux-Sèvres a rencontré un franc succès auprès des professionnels et des usagers. Elle va être déployée dans l’ensemble de la région.
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L’eau est une ressource vitale indispensable. La gestion de cette ressource a connu différentes étapes au cours des siècles, répondant ainsi à des préoccupations économiques, hygiénistes et sanitaires, et plus récemment, à des préoccupations environnementales.

Comment produire une eau de qualité à la disposition de tous les usagers ?

Les risques sanitaires d’origine hydrique, notamment infectieux, ont considérablement diminué dans les pays développés au cours du XXème siècle. Mieux traitée, mieux contrôlée, une eau potable est aujourd’hui distribuée à des centaines de millions d’usagers. Cependant, les pollutions diffuses, la survenue de pollutions accidentelles et la persistance de certaines menaces justifient le maintien d’une vigilance adaptée et l’instauration de nouvelles pratiques inspirées du concept de sécurité sanitaire.

En savoir plus sur le contrôle de l'eau :

A l’inverse d’autres filières de l’agroalimentaire, la production et la distribution d’eau destinée à la consommation humaine constituent un processus continu très exigeant de mise à disposition 24h/24 chaque jour, sans possibilité de rappel du produit en cas de non-conformité !

La sécurité sanitaire du produit final (l’eau d’alimentation livrée au robinet) résulte donc d’une gestion optimale :

  • à chaque étape de la filière (ressource, captage, traitement, mélange, stockage, distribution, usager),
  • des intrants (eau, produits de traitement, matériaux en contact),
  • des différentes caractéristiques du système (management, procédures d’exploitation et de pilotage, formation des personnels,…),
  • d’une surveillance adaptée aux dangers identifiés.

Toute modification, volontaire ou non, d’une de ces composantes peut avoir un effet, en cascade, sur la qualité de l’eau fournie aux consommateurs.

Photo enfant buvant de l'eau du robinet

Pour garantir une qualité de l’eau optimale, l’ARS met en œuvre les dispositions du code de la santé publique enrichi de plusieurs nouveaux concepts : principe de précaution, analyse des risques, management de la qualité…

L’Organisation Mondiale de la Santé propose en système de contrôle complémentaire, le concept des Plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE) : une approche proactive permettant à la fois de prévenir la contamination, de mettre en œuvre des améliorations progressives et continues et d’assurer une fiabilité accrue des systèmes publics d’approvisionnement en eau de boisson.

Un dispositif novateur de sécurité sanitaire des eaux dans les Deux-Sèvres

En 2010, une démarche novatrice de Sécurité Sanitaire des Eaux (SéSanE), inspirée du concept PGSSE, a été engagée par la délégation départementale des Deux-Sèvres.

L’objectif de la démarche SéSanE : identifier les éléments administratifs, financiers et techniques susceptibles d’impacter de manière directe ou indirecte la qualité de l’eau produite et distribuée. Il s’agit donc d’assurer et d’optimiser quotidiennement la qualité de l’eau, mais aussi de garantir en permanence la fiabilité du système.

Construit en concertation avec les différents acteurs de l’eau (ARS, élus et techniciens des services de l’eau, bureaux d’études…), SéSanE a apporté une solution pérenne aux filières techniques, depuis le point de captage jusqu’au robinet, dans un territoire où l’eau brute est exposée aux effets négatifs des différentes activités humaines.

Près de 60 actions ont été mises en place dans le cadre de cette démarche. D’abord sur la partie administrative : développer des processus, signer des conventions, systématiser des rapports… Puis sur le terrain : développer de nouveaux programmes d’analyse, engager des études de danger visant à identifier les problèmes, imaginer des plans de secours, engager des travaux, maîtriser les temps de séjour des eaux dans les installations, repérer et éliminer les matériaux non conformes au contact des eaux, etc.

Une ambition forte, une mobilisation collective

Photo Borne incendie

Le volontarisme des acteurs de terrain et l’accompagnement rapproché par les services de l’ARS ont permis d’avancer de manière concertée et constructive dans chacune des actions. Des rencontres ont eu lieu au moins tous les 6 mois pour faire le point sur les actions réalisées, projeter les prochaines, échanger sur les difficultés, revoir la méthodologie… Ce sont plus de 150 réunions en 6 ans qui ont été nécessaires à la coordination du projet et au suivi des objectifs.

« Nous avons commencé par mettre en œuvre des actions peu contraignantes pour que chacun puisse s’engager dans la démarche. Et puis, au fur et à mesure que l’on ressentait l’adhésion des acteurs et leur motivation, on développait des actions de plus en plus complexes et structurées, explique Lionel Rimbaud, responsable du pôle santé publique et environnementale de la délégation ARS des Deux-Sèvres. Nous avons travaillé sur des outils d’accompagnement qui se sont révélés très utiles. Notre objectif était que chacun des différents acteurs puisse, à son niveau et selon ses capacités, s’approprier la démarche pour la mener au quotidien. »

Et ça marche ! Les 49 UGE (Unités de gestion ou services d’eau) des Deux-Sèvres ont accepté de rentrer dans la démarche et l’ensemble des programmes d’actions a été mis en œuvre dans le territoire entre 2013 et 2016. Les améliorations sont ressenties aussi bien sur le plan quantitatif (il s’agit de garantir ou sécuriser la disponibilité en eau), que sur le plan qualitatif : une maîtrise du réseau prouvée par un nombre de non-conformité en chute libre !

 « Nous voulons mobiliser tout le savoir-faire technique des acteurs de terrain pour optimiser au quotidien la qualité de l’eau produite et distribuée et les fédérer autour d’une culture de santé publique, précise Marie-Laure Guillemot, responsable du pôle santé environnement à la direction de la santé publique de l’ARS NA. Compte tenu de l’importance sanitaire de l’eau potable, les services d’eau sont plus que des garants d’une eau répondant à des normes sanitaires. Grâce à leur rigueur et leur volonté, ils sont de véritables acteurs de santé. »

Et demain, en Nouvelle-Aquitaine ?

La démarche SéSanE avait inspiré les stratégies du Plan régional de santé environnementale 2 (PRSE2) de l’ex-ARS Poitou-Charentes. Aujourd’hui, ces perspectives s’étendent à la grande région. La Direction Générale de la Santé, via le Plan National Santé Environnement 3 encourage les Agences Régionales de Santé à initier de telles démarches dans leurs territoires et à les intégrer dans leur Plan régional de santé environnementale 3 (PRSE3) qui sont à établir pour juin 2017.

L’ARS Nouvelle-Aquitaine, forte du travail et de l’expérience des équipes Deux-sévriennes, a inscrit l’acculturation à la démarche SéSanE dans sa feuille de route 2016. Elle souhaite étendre cette culture sanitaire de la gestion de l’eau à l’ensemble de son territoire et partager les savoir-faire.

 

Texte : Aurélie Riquelme, Lionel Rimbaud, Marie-Laure Guillemot

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Vous êtes une collectivité, une UGE, et souhaitez en savoir plus sur la démarche SéSanE, contactez le pôle santé environnement de l’ARS NA : ars-na-pse@ars.sante.fr

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