Nouvelle-Aquitaine

Offre sanitaire en région Nouvelle-Aquitaine – des disparités territoriales marquées

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Image Carte Nouvelle-Aquitaine par département
Malgré l’existence de disparités territoriales, la région est bien dotée en établissements de santé. Près d’un habitant sur cinq a été hospitalisé en court séjour en 2015. La chirurgie ambulatoire poursuit son développement. Les prises en charge en hospitalisation à domicile sont à renforcer. La prise en charge psychiatrie est diversifiée allant de l’hospitalisation au suivi ambulatoire.
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Début 2016, la Nouvelle-Aquitaine compte 382 établissements de santé dont un tiers relèvent du secteur public.

Ils disposent de 38 200 lits en hospitalisation complète et 6 700 places en hospitalisation partielle (sans nuitée).

Quelle que soit la discipline, médecine-chirurgie-obstétrique (court séjour), soins de suite et de réadaptation ou psychiatrie, le taux d’équipement régional est supérieur à la moyenne nationale mais avec de fortes disparités départementales.

Carte des capacités d'accueil en hospitalisation complète en Nouvelle-Aquitaine - décembre 2015

En 2015, les établissements de santé néo-aquitains ont réalisé 1,63 million de séjours pour 5,3 millions de nuitées et 662 000 passages en hospitalisation sans nuitée pour des soins en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO). La durée moyenne de séjour en hospitalisation complète est de 5,5 jours. Le taux de chirurgie ambulatoire est très proche du taux national (51,7 %) mais varie selon les lieux de résidence, allant de 45 % en Creuse jusqu’à 55,6 % en Gironde. La part des séjours de néo-aquitains en MCO effectués hors région est de 4,3 % ; elle atteint 20 % en Creuse et dépasse 17 % dans les Deux-Sèvres.

En 2015, 18 % des habitants de la région ont été hospitalisés au moins une fois en court séjour. Les causes les plus fréquentes d’hospitalisation sont liées aux pathologies de l’appareil digestif, aux maladies cardio-vasculaires et aux pathologies respiratoires. Les séjours avec chirurgie représentent 40 % des séjours hospitaliers avec pour principaux motifs l’orthopédie, les pathologies digestives et l’ophtalmologie ; ces interventions représentent à elles-seules la moitié des séjours chirurgicaux. Le recours aux soins chirurgicaux se situe au-dessus de la moyenne nationale mais avec de fortes disparités départementales ; on note un sous-recours en Creuse et Corrèze, un sur-recours sur la façade atlantique (Gironde, Landes, à un degré moindre Pyrénées-Atlantiques et Charente-Maritime).

Les séjours d’obstétrique représentent 5,6 % des hospitalisations en court séjour. En 2015, 56 200 accouchements ont eu lieu dans la région dont 19 % par césariennes. Les IVG ont motivé 13 800 hospitalisations, soit 84 % de l’ensemble des IVG réalisées.

Depuis les années 1970, diverses mesures prises par les pouvoirs publics ont construit un nouveau cadre juridique (décrets, plans Périnatalité) pour encadrer la pratique des accouchements et réduire les risques pour l’enfant et la mère.

Cela s’est traduit par un long processus de restructuration et de concentration des maternités, dont le nombre a diminué en même temps que leur taille augmentait.

La région Nouvelle-Aquitaine est ainsi passée de 57 maternités au 1er janvier 2010 à 50 maternités au 1er janvier 2016. A cette offre s’ajoute une douzaine de centres périnataux de proximité.

Carte maternités CPP Nouvelle-Aquitaine (01/01/2018)

L’hospitalisation à domicile (HAD) permet d’assurer, au lieu de vie du patient, des soins médicaux et paramédicaux afin d’éviter ou de raccourcir une hospitalisation en établissement. En Nouvelle-Aquitaine, le taux de recours à ce mode de prise en charge apparaît légèrement plus faible qu’en France (15 patients pour 100 000 habitants, 16 en France) mais plus élevé en termes de journées réalisées. Cela s’explique par une durée de prise en charge plus longue qu’au niveau national. L’hospitalisation à domicile apparaît très développée dans les Landes.

La prise en charge en HAD des patients néo-aquitains s’est bien développée ces dernières années, passant de 19,3 patients en 2011 à 24,3 patients pour 100 000 habitants par jour en 2015. Ces taux restent cependant encore inférieurs au taux cible de prise en charge hebdomadaire de 30 patients pour 100 000 habitants.

En Nouvelle-Aquitaine, 185 établissements de santé sont autorisés en soins de suite et de réadaptation (SSR) début 2017. Les taux d’équipement en hospitalisation complète sont plus élevés dans la région qu’au niveau national (1,74 vs 1,64 pour 1 000 habitants), avec des disparités départementales cependant bien marquées : Creuse et Pyrénées-Atlantiques sont les départements les mieux pourvus en offre de lits.

En 2015, ce sont 3,4 millions de journées qui ont été réalisées en Nouvelle-Aquitaine dont 7,5 % à temps partiel. Les journées en hospitalisation complète ont augmenté de 4 % entre 2013 et 2015 dans la région. Deux départements se distinguent par une progression plus élevée : la Charente et la Charente-Maritime, avec respectivement 11,9 % et 24,2 % de prise en charge à temps complet supplémentaire sur deux ans.

Les premières causes d’hospitalisations en SSR sont en 2015 les affections locomotrices traumatiques (fractures, luxations, lésions tendineuses) et non traumatiques (suite de prothèse), les affections du système nerveux et les affections cardiologiques. La durée moyenne de séjour en hospitalisation complète s’établit à 28,9 jours. Elle est inférieure à la moyenne nationale quels que soient les départements. Les durées moyennes de séjour varient selon les spécialités et les territoires. Elles vont de 21,5 jours pour les séjours en SSR adultes à orientation cardiologique à 33,4 jours pour les séjours en SSR adulte à orientation neurologique.

La sectorisation psychiatrique :

L’organisation en réseau de l’offre hospitalière publique s’appuie sur la base d’une sectorisation géographique originale : le secteur psychiatrique. Ce dernier, mis en place par la circulaire de mars 1960, constitue l’unité de base de la délivrance de soins en psychiatrie publique. Il dispense et coordonne, pour une aire géo-démographique de proximité, l’ensemble des soins et services nécessaires à la couverture globale des besoins : prévention, soins, postcure et réadaptation. La prise en charge et la coordination des soins sont assurées par des équipes pluridisciplinaires.

La loi du 26 janvier 2016 conforte le secteur psychiatrique dans son article 69 qui réaffirme l’ancrage territorial de la psychiatrie de secteur, ainsi que son ouverture vers le secteur social et médico-social ainsi que le premier recours.

Il s’agit donc d’une aire fonctionnelle d’intervention d’une équipe soignante dans le domaine de la santé mentale.

C’est le mode d’organisation privilégié pour rendre facilement accessible et offrir à la population une gamme de prestations diversifiées en termes de prévention, de diagnostic, de soin et de réinsertion. C’est également des aires de concertation et de coordination des actions à conduire au plan local avec les partenaires directement ou indirectement concernés par les problèmes de santé mentale, en particulier les structures sociales et médico-sociales.

Types de sectorisation :

Deux types de sectorisation sont mises en place :

  • la sectorisation psychiatrique infanto-juvénile (ou pédopsychiatrique), pour les jeunes de moins de 16 ans, comprenant 30 secteurs ;
  • la sectorisation psychiatrique générale, pour les personnes âgées de 16 ans ou plus, comprenant 71 secteurs.

La cartographie de la sectorisation psychiatrique infanto-juvénile (ou pédopsychiatrique) en Nouvelle-Aquitaine :

Carte de la sectorisation psychiatrique infanto-juvénile (ou pédopsychiatrique) pour les jeunes de moins de 16 ans en Nouvelle-Aquitaine - juin 2017

La cartographie de la sectorisation psychiatrique générale pour les personnes âgées de 16 ans ou plus en Nouvelle-Aquitaine :

Carte de la sectorisation psychiatrique générale pour les personnes âgées de 16 ans ou plus en Nouvelle-Aquitaine - janvier 2017

La prise en charge psychiatrique en Nouvelle-Aquitaine est essentiellement publique.

Les taux d’équipement varient du simple au double entre la Dordogne, la mieux dotée, et les Deux-Sèvres, les moins bien pourvues. L’offre de soins en psychiatrie se structure autour de trois types de prises en charge : le temps complet qui s’appuie sur près de 6 000 lits d’hospitalisation à temps plein, le temps partiel dont l’offre s’articule autour de 3 000 places d’hospitalisation de jour ou de nuit, et l’ambulatoire qui correspond à la forme de prise en charge la plus courante, principalement dans l’une des 600 structures que sont les centres médico-psychologiques (CMP) et les centres d’activités thérapeutiques à temps partiel (CATTP). En outre, les établissements offrent 227 places d’accueil de placement familial thérapeutique, 60 places d’accueil en appartement thérapeutique, 56 places d’accueil d’urgence ou de crise ou encore 32 places en hospitalisation à domicile.

Plus de 220 000 patients, adultes et enfants ont été pris en charge au moins une fois en 2015 en psychiatrie dont 170 000 exclusivement en ambulatoire. Les patients hospitalisés à temps complet ou partiel sont principalement atteints de troubles mentaux liés à un état anxio-dépressif (36 %), de schizophrénie (17,0 %) ou d’addiction aux substances psychoactives (9 %). En ambulatoire, les motifs de recours concernent principalement les états anxio-dépressifs et les troubles du comportement.