Moustique tigre « Aedes albopictus » et lutte anti-vectorielle

Article
Visuel
Image Moustique tigre - Coupez l'eau
Le moustique tigre, espèce particulièrement agressive envers l’homme pendant la journée et potentiellement vectrice de maladies, réapparait dans nos villes. Pour limiter au maximum les risques d’infection et les nuisances occasionnées par ce moustique, il est essentiel de lutter contre sa prolifération.
Corps de texte

Dans le sud de la région le moustique est là depuis début mai, soit depuis 1 mois déjà. Dans ce cadre, la mobilisation de la population est primordiale. Chacun, en modifiant son comportement et en adoptant des gestes simples, peut participer à cette lutte.

Reconnaitre et signaler le moustique tigre

Visuel reconnaître le moustique tigre

Le moustique Aedes albopictus est un moustique d'origine tropicale, également appelé moustique tigre en raison des zébrures qui parcourent son corps et ses pattes. Il est de petite taille (environ 5mm) et pique en journée.

Vous l'avez reconnu ? Signalez-le !

Carte de France de la présence du moustique tigre

L’ensemble de la population peut participer à la surveillance de cette espèce afin de mieux connaître sa répartition. Il s'agit d'une action citoyenne permettant ainsi de compléter les actions mises en place. Particulièrement dans les départements où il n’est pas encore implanté (23 et 87)

Rendez-vous sur le site signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/

Un questionnaire vous permettra notamment de vérifier rapidement s'il s'agit bien d'un moustique tigre.

Comment lutter contre le moustique tigre ?

#1 : En supprimant ou vidant tous les endroits et objets pouvant retenir l’eau de pluie pour empêcher le moustique tigre de pondre et de proliférer !

Le saviez-vous

Le moustique tigre est un moustique urbain qui se déplace peu : il vit dans un rayon de 150 mètres : le moustique qui vous pique est donc né dans votre quartier ! Ce moustique a une durée de vie moyenne d’environ 1 mois, et les femelles peuvent pondre environ 200 œufs tous les 12 jours !

La femelle pond dans de très petites quantités d’eau principalement dans nos jardins : l’équivalent d’un bouchon renversé lui suffit !

Bannière Lutte contre le moustique tigre
  • Contrôlez les récupérateurs d’eau de pluie : la saison dernière, en Gironde, plus de 50% des gîtes larvaires découverts logeaient dans un récupérateur d’eau.

    A savoir : même un récupérateur d’eau de pluie est fermé d’un couvercle, le moustique peut entrer et ressortir par la gouttière ! Les solutions : tendre une moustiquaire ou un tissu entre la sortie de la gouttière et la surface de l’eau,  vérifier et supprimer toutes les semaines les larves installées ou vider l’eau.

  • Éliminer les endroits où l’eau peut stagner, à l’intérieur comme à l’extérieur : coupelles des pots de fleurs, bâches, pneus usagés, encombrants, jeux d'enfants… Pensez aussi à entretenir les sépultures dans les cimetières, lieux propices au développement des moustiques.

    A savoir : Vous pouvez mettre du sable dans les soucoupes de pots de fleurs pour absorber l’humidité.

  • Vérifier le bon écoulement des eaux de pluie et notamment les regards où de l’eau peut stagner.
  • Couvrir les réservoirs d’eau (bidons d’eau, citernes, bassins…) avec un voile ou un simple tissu ainsi que les piscines hors d’usage

Fausse bonne idée n°1 !

« J’ai, dans mon jardin des buissons infestés de moustiques, je suis sûr qu’il y a plein de larves, je ferais mieux de les couper !… »

FAUX !! Les buissons ne sont que des « zones de repos » des moustiques tigres. Comme nous, ils apprécient leur fraîcheur. Les couper ne ferait pas disparaître le moustique qui continuera à se reproduire dans le moindre petit contenant d’eau stagnante. Pour faire la chasse aux moustiques tigres, une seule solution : découvrir les endroits où il pond ses larves et les supprimer.

Fausse bonne idée n°2 !

« On n’en peut plus de tous ces moustiques, une bonne opération de démoustication règlerait notre problème ! »

FAUX !! Une opération de démoustication tuerait les moustiques qui volent à un instant T, mais le répit ne sera que de quelques jours : de nouveaux moustiques naîtront des larves, à l’abri dans leurs réserves d’eaux stagnantes. Le problème ne peut se régler qu’à la source : supprimer ou vider régulièrement les potentiels lieux de ponte des moustiques !  

Les opérations de démoustication ne sont engagées que lorsqu’il existe un risque sanitaire de contamination : si une personne revient en métropole avec un virus transmissible par le moustique tigre (Dengue, Chikungunia, ou Zika), sa zone d’habitation sera traitée pour éviter que le virus soit transmis.

#2 : En évitant les piqûres de moustique lors de son voyage

Malgré le contexte actuel de limitation du trafic international, la vigilance reste de mise. Dès la reprise des voyages longues distances, restez particulièrement attentifs aux piqûres de moustique tigre. L’épidémie de dengue qui sévit actuellement en Outre-mer augmente le risque d’importation de ces maladies en métropole.

Les voyageurs se rendant dans des zones où sévissent ces maladies (essentiellement les pays de la zone intertropicale) doivent être particulièrement vigilants à se protéger des piqûres de moustique pendant leur séjour pour éviter, d’une part la maladie, mais également de rentrer sur le territoire avec le virus. En cas d'apparition de symptômes (fièvre d'apparition brutale, douleurs, éruption cutanée) dans les 15 jours qui suivent leur retour, il est important que les voyageurs consultent leur médecin traitant le plus rapidement possible.

Le moustique tigre : un risque de santé publique

Le moustique tigre n’est pas en lui-même porteur du virus de la dengue, du chikungunya ou du Zika, mais il en est un vecteur potentiel : Il présente un risque pour la population s’il a piqué, au préalable, une personne déjà infectée, revenant d’un pays ou d’une zone où sévissent ces maladies.

C’est pourquoi l’ARS Nouvelle-Aquitaine et Santé Publique France restent très vigilantes à tous cas de dengue, chikungunya, ou Zika importé en région. Elles ont depuis le 1e janvier 2020 la responsabilité de d’assurer la surveillance du moustique tigre et les démoustications autour des cas humains si nécessaire.

Pour plus d’info, déroulez la partie « Comment s’organise la surveillance et la lutte contre le moustique tigre »

 

L’objectif est de limiter la propagation de ces maladies vectorielles à risque épidémique.

Dans ce cadre, l’ARS Nouvelle-Aquitaine a missionné des opérateurs (Altopictus, Qualyse, le Laboratoire Départemental de la Creuse et le Département de la Charente Maritime) pour déployer chaque année un réseau de pièges pondoirs permettant la détection du moustique Aedes albopictus, notamment sur des sites à risque d’importation (ex : ports et aéroports au titre du Règlement Sanitaire International), des sites sensibles (ex : établissements de santé), sur des communes situées à proximité de zones colonisées, etc.... Ce programme de surveillance est mis en œuvre pendant la saison active du moustique, de mai à novembre.

Ces opérateurs traitent également les signalements de particuliers, issus du site signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/, dans les communes non colonisées, afin de connaitre la progression du moustique sur le territoire.

Ils interviennent, sur demande de l’ARS, sur les lieux fréquentés par les cas humains (dengue,  chikungunya ou Zika) pour réaliser des prospections et mettre en œuvre des mesures de lutte contre les moustiques, par la suppression des gites larvaires et la mise en œuvre de traitements si nécessaire.

Carte des opérateurs moustiques tigres en Nouvelle-Aquitaine

Le rôle des collectivités

Comme l’ARS, les collectivités peuvent agir au travers d’opérations d’information/sensibilisation et pour promouvoir la vigilance citoyenne (sur signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/). Elles peuvent mettre en place un programme de contrôle et de lutte contre la prolifération des moustiques dans les lieux du domaine public dont elles ont la gestion et veiller à ce que les mesures de prévention soient appliquées localement.

  • Téléchargez le guide à l’attention des collectivités dans la rubrique associée ci-dessous

Comment lutter ? Chacun a un rôle à jouer... Consultez les informations ci-dessous selon votre profil. 

 

Les femelles moustique tigre privilégient de petites quantités d'eau pour pondre leurs œufs (l'équivalent d'un bouchon d'eau peut leur suffire!). Elles pondent jusqu'à 200 œufs tous les 15 jours qui se développent dans toutes sortes de récipients et réservoirs artificiels où l'eau peut stagner : vases, pots et coupelles, récupérateurs d'eau, fûts, bidons, bondes, rigoles, regards pluviaux, gouttières, terrasses sur plots, ou même dans des objets laissés dans le jardin (jeux d'enfants, pneus, matériel de travaux...). 

Visuel lieux de ponte du moustique tigre

Le moustique tigre a une activité principalement le jour avec une recrudescence d'activité le matin et en fin de journée.

Se protéger contre le moustique tigre, c’est d’abord éliminer les lieux de vie et ses lieux de ponte :

Moustique Tigre - Visuel "Larve moustique"  250*205

Des gestes simples sont donc essentiels :

  • Contrôlez les récupérateurs d’eau de pluie : ces récupérateurs représentent 50% des gîtes dans nos jardins. Même fermés, ils peuvent abriter des larves de moustiques. Les solutions : tendre une moustiquaire au-dessus de la réserve d’eau, vérifier et supprimer toutes les semaines les larves installées ou vider l’eau.
  • Éliminer les endroits où l’eau peut stagner, à l’intérieur comme à l’extérieur : coupelles des pots de fleurs, pneus usagés, encombrants, jeux d'enfants. Pensez aussi à entretenir les sépultures dans les cimetières, lieux propices au développement des moustiques ;
  • Vérifier le bon écoulement des eaux de pluie et des eaux usées des gouttières ;
  • Couvrir les réservoirs d’eau : bidons d’eau, citernes, bassins avec un voile ou un simple tissu ainsi que les piscines hors d’usage.

Consultez :

Moustique Tigre - Visuel logo "protégez-vous" 150*150

La dengue, le chikungunya et le Zika se transmettent d’homme à homme principalement par l’intermédiaire de moustiques du genre Aedes. Lors d’une piqûre, le moustique prélève le virus sur une personne virémique (le virus est présent dans son sang). Après un délai d'incubation chez le moustique de l'ordre de quelques jours et à l’occasion d’une autre piqûre, le moustique peut transmettre le virus à une personne saine. 

Pour les 3 maladies surveillées, la période de virémie (où le virus, présent dans le sang, peut être transmis) débute 2 jours avant l'apparition des symptômes et se termine 7 jours après. 

Conseil ! Avant de préparer votre voyage, consultez la carte interactive des zones d'épidémie dans le monde :

Site de l'Institut Pasteur de Lille

Vous partez dans une région où des cas de Dengue, Zika ou Chikungunya ont été signalés ? PROTÉGEZ-VOUS des piqûres de moustiques :

  • Portez des vêtements couvrants et amples et imprégnez-les d’insecticide pour tissus,
  • Appliquez, sur la peau découverte, des produits anti-moustiques. 

    Consultez la liste des répulsifs recommandés :

Le site du Ministère
  • Dormez sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide pour tissus,
  • Utilisez aussi des insecticides à l'intérieur (diffuseurs électriques) et à l'extérieur (tortillons fumigènes),
  • Créez un courant d'air à l'aide d'un ventilateur pour éloigner les moustiques. 
  • Branchez la climatisation si cela est possible, les moustiques n'aiment pas les endroits frais.

Vous revenez d’une région où des cas de ces maladies ont été signalés ? RESTEZ ATTENTIF jusqu'à 10 jours après votre retour :

  • Consultez un médecin en cas de symptômes - En cas d’éruption cutanée avec ou sans fièvre, douleurs articulaires, douleurs musculaires, maux de tête, conjonctivite, consultez un médecin : vous avez peut-être contracté le chikungunya, la dengue ou le Zika. La période d'incubation de ces maladies peut durer 10 jours. 
  • Évitez de vous faire piquer par les moustiques par principe de précaution. En effet, si vous êtes infecté et qu'un moustique de type Aedes vous pique, il peut devenir vecteur du virus et contaminer une autre personne de votre entourage en la piquant ;
Moustique Tigre - Visuel "Femme enceinte" 150*150

Si vous êtes enceinte :

  • Envisagez de reporter votre voyage,
  • Si le report n’est pas possible :
    • Consultez un médecin avant le départ
    • Respectez les mesures de protection
    • Consultez en cas de symptômes
    • Assurez-vous du bon suivi de votre grossesse
    • Une transmission du virus Zika par voie sexuelle étant possible, il est recommandé d’avoir des rapports sexuels protégés pendant toute la durée de la grossesse. Utilisez des préservatifs.

L'utilisation de produits anti-moustiques :

Des précautions d’emploi sont à respecter notamment chez l’enfant et chez la femme enceinte. L’emploi de moustiquaires de berceau est le moyen prioritaire de protection efficace des jeunes enfants et la protection par le port de vêtements couvrants est particulièrement recommandée. 

Avant d'acheter ou d'utiliser des produits anti-moustiques : 

  • Demandez conseil à un pharmacien surtout en ce qui concerne les enfants et les femmes enceintes. Lisez bien la notice avant toute application ;
  • Demandez l’avis du médecin traitant pour l’enfant de moins de 30 mois et en cas d’antécédents de convulsions ;
  • Evitez de les appliquer sur le visage et les mains des jeunes enfants.

Pour en savoir plus, consultez les documents ci-dessous :

 

En Nouvelle-Aquitaine, une surveillance du moustique tigre est mise en place chaque année du 1er mai au 30 novembre conformément au plan d'anti-dissémination de la dengue et du chikungunya.

Au-delà de la surveillance entomologique (surveillance des populations de moustiques), le dispositif prévoit une surveillance épidémiologique (surveillance des cas humains), basée sur un système de déclaration obligatoire à l'Agence régionale de santé (ARS) des cas suspects de dengue, de chikungunya et de Zika par les médecins ou les biologistes.

Les professionnels de santé des départements en niveau 1 où le moustique tigre est implanté (ex Aquitaine) peuvent télécharger la fiche de signalement et de renseignements cliniques - Cas suspect de chikungunya ou de dengue :

Pour en savoir plus, téléchargez les documents ci-dessous :

Un guide à l’attention des collectivités souhaitant mettre en oeuvre une lutte contre les moustiques Aedes albopictus a été élaboré par un groupe de travail mis en place dans le cadre du Centre National d’Expertise sur les Vecteurs, à la demande de la Direction Générale de la Santé.

Il s’adresse aux collectivités qui souhaitent mettre en place un programme de contrôle des moustiques Aedes albopictus, moustiques pouvant non seulement être à l’origine d’une nuisance importante, et donc d’un impact sur la qualité de vie de la population, mais surtout de risques sanitaires telles que des infections aux virus de la dengue, du chikungunya ou encore Zika.

Les collectivités territoriales et en particulier les communes et les regroupements de communes ont en effet un rôle prépondérant à jouer dans ce domaine.

Elles sont responsables du maintien de l’hygiène et de la salubrité :

  • qui constituent la principale action de lutte contre les moustiques à visée préventive au niveau du domaine public
  • et constituent par ailleurs l’échelon de proximité par excellence. À ce titre, les communes sont les mieux à même de sensibiliser le public à la lutte contre les gîtes larvaires.

Des supports d'information (affiches et cartes postales) à imprimer sont à la disposition des collectivités. Un format haute définition "avec traits de coupe" est disponible pour tout service d'impression. Téléchargez ces document en bas de page. 

Moustique Tigre - Visuel "Kit pédagogique enfants de la Gironde" 163*217

Une action de médiation pédagogique et de prévention à destination des enfants du cycle 3 est lancée par l’ARS Nouvelle-Aquitaine en partenariat avec Cap Sciences, le Rectorat et la Direction des services départementaux de l’éducation nationale de Gironde au sujet du moustique tigre. Ce projet éducatif favorise la découverte du vivant, éduque au développement durable et inscrit les élèves dans une démarche citoyenne.

Vous êtes enseignant ? Téléchargez ou commandez gratuitement ce manuel pour traiter ce sujet avec vos élèves !

En savoir + : www.lemoustiquetigre.fr

Des mesures de surveillance, de lutte et de protection des populations sont mises en place dans le cadre du plan national anti-dissémination des virus du chikungunya, de la dengue et du Zika. Les Préfectures, Agences régionales de santé et Conseils départementaux mettent en œuvre ce plan du 1er mai au 30 novembre de chaque année.

Il comporte des opérations d’information/sensibilisation, d’une veille citoyenne (sur signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/), d’une surveillance entomologique (surveillance des populations de moustiques) par le déploiement de pièges pondoirs et de la surveillance épidémiologique (surveillance des cas de chikungunya, de dengue et de Zika).

Les 6 niveaux d'action du plan national anti-dissémination des virus du chikungunya, de la dengue et du Zika :

  • Niveau albopictus 0 : Aedes albopictus absent ou contrôlé

0a absence d’Aedes albopictus

0b Présence contrôlée d’Aedes albopictus du 1er mai au 30 novembre

  • Niveau albopictus 1 Aedes albopictus implanté et actif
  • Niveau albopictus 2 Aedes albopictus implanté et actif et présence d’un cas humain autochtone confirmé de transmission vectorielle de chikungunya, dengue ou Zika
  • Niveau albopictus 3 : Aedes albopictus implanté et actif et présence d’un foyer de cas humains autochtones (définition de foyer : au moins 2 cas groupés dans le temps et l’espace)
  • Niveau albopictus 4 Aedes albopictus implanté et actif et présence de plusieurs foyers de cas humains autochtones (foyers distincts sans lien épidémiologique ni géographique entre eux)
  • Niveau albopictus 5 : Aedes albopictus implanté et actif et épidémie

5a répartition diffuse de cas humains autochtones au-delà des foyers déjà individualisés

5b épidémie sur une zone élargie avec un taux d’attaque élevé qui dépasse les capacités de surveillance épidémiologique et entomologique mises en place pour les niveaux antérieurs et nécessite une adaptation des modalités de surveillance et d’action.

En début de saison 2019, 51 départements de France métropolitaine sont classés en Niveau 1. 

Aller plus loin

Contact

Contenu

ARS Nouvelle-Aquitaine
Département communication
Courriel : ars-na-communication@ars.sante.fr
Tél :

  • A Bordeaux : 05 57 01 44 13 / 44 14 / 44 96 // 05 47 47 31 45
  • A Poitiers : 05 49 42 27 70