Nouvelle-Aquitaine

« Krypton », projet de e-services autour de l’imagerie médicale qui va faciliter les pratiques

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Photo équipe projet KRYPTON imagerie
Pierre-Antoine Fougerouse, interne en médecine spécialisé sur la e-santé et Marie-Pierre Baudon, chargée de mission Systèmes d'Information de santé à à l'ARS Nouvelle-Aquitaine
Le projet nommé « Krypton » vient compléter l’offre de e-santé de notre territoire. Il promet un accès et un partage simple, rapide et sécurisé aux examens d’imagerie, mais pas que !

Rencontre avec Marie-Pierre Baudon, Chargée de mission des Systèmes d’Information de Santé au Pôle Performance – Investissements de la Direction de l’offre de soins et de l’autonomie de l’ARS Nouvelle-Aquitaine.
Corps de texte

« Krypton », qu’est-ce que c’est ? Le nom fait penser à la Kryptonite, et à Superman, est-ce un hasard ?

[rires] Non, ce n’est pas un hasard, c’est bien en clin d’œil à la vision laser de Superman que nous avons nommé ce projet ! Je vous rassure, ça n’enlève rien à son sérieux et à son ambition !… il s’agit d’un projet autour de services d’imagerie médicale de notre région.

« L’objectif est de mettre à la disposition de tous les professionnels de santé les imageries médicales de leur patient. C’est un partage d’information rapide, simple et sécurisé pour faciliter la prise en charge et éviter la redondance d’examens. »

Il peut arriver de perdre ses radios, scanners ou autres imageries, de les oublier le jour de la consultation, ou même de les jeter pensant qu’elles ne serviront plus. Grâce à Krypton, les comptes-rendus et les images resteront accessibles pour vérifier l’évolution d’une fracture ou d’une maladie par exemple, ou pour accéder rapidement aux examens qui viennent d’être réalisés.

A qui s’adresse ce service ?

A tous les professionnels de santé qui en ont besoin : radiologues, bien sûr, mais aussi médecins hospitaliers, médecins généralistes et spécialistes libéraux, kinésithérapeutes… Ce service de partage d’images médicales répond à un véritable besoin. Ils pourront retrouver en un même endroit toute l’antériorité des examens d’imagerie de leurs patients, mais aussi les demandes d’examens et les comptes rendus. Krypton promet un véritable gain de temps et d’efficacité ! C’est un outil qui pourra faciliter la prise en charge de leurs patients et la stratégie thérapeutique qu’ils mettront en œuvre.

Comment ce projet est-il né ?

Le projet Krypton s’intègre dans la modernisation de notre système de santé, et, plus particulièrement dans le socle de e-services que les ARS ont à développer dans leurs territoires. Nous avions déjà initié des projets numériques, par exemple autour de la télémédecine, d’un outil de coordination des parcours ou de la messagerie sécurisée de santé, mais aucun dans le secteur de l’imagerie médicale.

En janvier 2016, un comité de pilotage a été créé par l’ARS Nouvelle-Aquitaine sur ce thème. Avec les partenaires de santé du territoire (URPS, G4, fédérations et autres représentants et des experts), nous avons travaillé à identifier les besoins.

Quels services Krypton va-t-il apporter aux professionnels de santé ?

Photo KRYPTON imagerie
© Freepik

Nous en avons recensé plusieurs. Il y a tout d’abord les services de partage et d’échange. Ces deux services sont le socle de Krypton : ils assurent la mise à disposition des comptes rendus et des images aux professionnels ainsi que les échanges entre eux. Un accès dédié aux patients est également prévu.

Un autre service permettra aux médecins de pouvoir enregistrer leur demande d’examens en ligne : la demande, l’image et le compte-rendu seront ainsi liés.

Un service de suivi est également nécessaire pour ce qu’on appelle la dosimétrie : c’est le suivi des doses reçues par un patient au cours d’examens radiologiques ou de scintigraphies, quel que soit le lieu où ceux-ci sont réalisés.

Les spécialistes ont également besoin d’un système de Post Traitement Avancé : c’est une technologie qui permet de traiter de façon évoluée l’image en fonction des caractéristiques recherchées. Toutes ces données permettront par ailleurs d’enrichir la recherche médicale : Krypton permettra de créer une base de données anonymisées, qui pourra être mise à disposition des chercheurs.

Enfin, 3 autres services purement techniques seront proposés : le PACS (Picture Archiving and Communication System – système de gestion informatique), le stockage et l’archivage des données d’imagerie médicale.   

Cela fait une longue liste de services… allez-vous réussir à tous les mettre en place ?  

"Nous sommes convaincus des nombreux atouts de ces services qui simplifieront la pratique des professionnels de santé. C’est un pari important de modernisation de notre service de santé car pour que Krypton puisse offrir une efficacité optimale, il faut que les professionnels de santé, qu’ils exercent en milieu libéral ou hospitalier, comprennent l’intérêt d’un tel système et soient séduits par son utilisation."

C’est l’objectif ! Nous avons lancé un dialogue compétitif pour trouver un prestataire capable de fournir ces services.

Parallèlement à cette mise en place, il nous faut également résoudre la problématique de l’identification du patient. Chaque structure prenant en charge un patient lui affecte son propre identifiant. Par exemple, je passe une radio dans un hôpital qui partage cette donnée en indiquant que je suis le patient N°X. Quelques mois plus tard, je passe une autre radio dans un cabinet de radiologie qui partage également cette donnée en indiquant que je suis le patient N°Y. Au niveau régional, ces deux radios partagées pour le patient N° X et le patient N°Y concernent pourtant bien le même patient ! Il nous faut donc un moyen de rapprocher les identités des patients.

En mars 2017, le Ministère de la santé a indiqué que le numéro d’identifiant national de santé (INS) correspondrait à celui de la sécurité sociale (lorsque celui-ci existe). La mise en œuvre de ce rapprochement d’identité va se faire progressivement pour arriver à garantir aux professionnels un accès simple et rapide à l’ensemble des données d’un même patient.

Le prestataire final sera choisi en décembre 2017. Nous espérons une mise en œuvre de ces services en juin 2018.

Ainsi, chaque professionnel qui souhaite avoir accès à un ou plusieurs de ces services pourra demander à être raccordé dès l’été 2018.