Dépistage VIH - IST - Hépatites virales 2021 : Une semaine pour en parler et faire le point en Nouvelle-Aquitaine

Actualité
Visuel semaine 2021 des dépistages VIH, IST etc

L’ARS a mandaté le COREVIH (comité de Coordination de la lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le virus de l'immunodéficience humaine) pour organiser une semaine de promotion du dépistage du VIH, des IST et des hépatites virales en partenariat avec Santé publique France, du 29 novembre au 5 décembre 2021.

Cette semaine, c’est le moment de vous demander à quand remonte votre dernier test ?

C'est une semaine pour…

  • SENSIBILISER les Néo-Aquitains aux enjeux du dépistage précoce du VIH, des IST et des hépatites virales,
  • MOBILISER les acteurs locaux et les professionnels de santé pour promouvoir et faciliter l’accès au dépistage,
  • FAIRE CONNAÎTRE les lieux, les moyens et les personnes pouvant apporter un soutien ou une information de proximité.

L’impact de la crise sanitaire sur le recours au dépistage : une nécessité à déployer des actions de santé publique au plus près des territoires

Une chute importante du recours au dépistage entre février et mars-avril 2020 qui n’a pas été compensée par un rattrapage sur les mois suivants. Le nombre de sérologies VIH et dépistages IST bactériennes réalisées a diminué de 56% sur cette période de premier confinement (1). Ce retard au dépistage et à la prise en charge fait peser le risque d’une circulation augmentée de ces infections. Ceci met en exergue l’urgence de relancer les actions de dépistage et de prévention des IST/VIH dont l’importance a été occultée par la crise COVID.

Pour rappel, en 2018, malgré une légère augmentation du taux de dépistage VIH (+6% par rapport à 2017 (I), le taux de découverte de séropositivité en Nouvelle-Aquitaine est parmi les plus élevés de Métropole (II) (279 nouveaux cas déclarés) avec une part encore trop importante de personnes qui méconnaissaient leur infection. En effet, 22% des découvertes de séropositivité ont été faite à un stade avancé du VIH.

Entre 2017 et 2018, le nombre d’infections à gonocoque a augmenté de 50% (III) (373 nouveaux cas déclarés) et le nombre de cas de syphilis a augmenté de 9%3 (279 nouveaux cas déclarés) avec un taux de dépistage en légère diminution par rapport aux deux années précédentes.

A cela s’ajoute, depuis les années 2000, une recrudescence des IST ainsi que la réapparition de maladies jusque-là éradiquées dans la plupart des pays occidentaux (syphilis) en lien avec une baisse de l’utilisation des moyens de prévention (préservatifs). En Nouvelle-Aquitaine, on constate notamment une baisse de l’utilisation systématique du préservatif pour la pénétration anale, même si le recours répété au dépistage VIH est en augmentation chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes.

Aussi, du 29 novembre au 5 décembre près de 120 actions de sensibilisation et de prévention sur la santé sexuelle (information, dépistages gratuits) sont organisées sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine.

(1) Santé Publique France BEH n°33-34 du 1er décembre 2020

(I)Source LaboVIH

(II)Source DO VIH

(III) Source ResIST

Quelles IST peuvent être repérées par le dépistage ?

Le VIH ou Virus d’Immunodéficience Humaine

Le VIH s’attaque au système immunitaire. Le malade risque contracter toutes les maladies infectieuses, même les plus graves. Les premiers symptômes apparaissant au bout de nombreuses années, on ne se doute de rien et on transmet sans le savoir, d’où l’importance de se faire dépister.

Le Gonocoque

Plus connu sous le nom de « chaude pisse », le Gonocoque est une infection vénérienne causée par une bactérie. Cette maladie provoque des brûlures et/ou un écoulement jaune par la verge, le vagin ou l'anus. Elle peut entraîner une septicémie (infection grave), faciliter la transmission du VIH, et entraîner la stérilité (chez les femmes).

Chlamydiae

La chlamydiae est causée par une bactérie. Souvent dénuée de symptômes, cette IST est fréquente et touche, dans les ¾ des cas, les adolescents et les jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans. L'infection à Chlamydiae n’est pas bénigne et peut entraîner une stérilité chez la femme.

Syphilis

La syphilis est due à une bactérie. En l’absence de traitement précoce, la syphilis peut provoquer de graves complications neurologiques et, chez la femme enceinte, une atteinte du nouveau-né.

Papillomavirus

Les Papilloma Virus Humains peuvent être responsables de lésions bénignes ou malignes (verrues vulgaires, verrues génitales). Chez la femme, ils peuvent entrainer le cancer du col de l’utérus (3 000 cas en France en 2018). Le seul traitement préventif est la vaccination.

Quelles hépatites peuvent être repérées par le dépistage ?

Hépatite B

L'hépatite B (VHB) est un virus qui s’attaque aux cellules du foie. Ce virus est essentiellement présent dans le sang, le sperme et dans les sécrétions vaginales de la personne infectée. Il peut entrainer une cirrhose ou le cancer du foie.

Hépatite C

L’hépatite C est  un virus qui comme l’hépatite B s’attaque aux cellules du foie. Elle peut entrainer une cirrhose ou le cancer du foie.

Pour se protéger de la plupart de ces maladies, il faut utiliser un préservatif (masculin ou féminin) à chaque rapport sexuel. La vaccination est recommandée pour le Papillomavirus et l’Hépatite B.

Le dépistage : quand, comment, où ?

Quand ?

Il faut réaliser un dépistage de toutes les maladies présentées ci-dessus :

  • En cas de rapport non protégé, y compris le sexe oral (fellation ou cunnilingus), ou si le préservatif s’est déchiré,
  • Si une relation se stabilise avec le/la même partenaire et qu’on ne veut plus mettre de préservatif (les deux personnes doivent se faire dépister),
  • Lorsqu’une grossesse est envisagée pour éviter une éventuelle transmission au nouveau-né.

Comment ?

Pour vous faire dépister, plusieurs solutions simples existent :

  • Les Tests Rapides d'Orientation Diagnostique (TROD) ou tests de dépistage rapide pour le VIH, l’Hépatite C et prochainement le Papillomavirus : avec seulement une goutte de sang recueillie au bout du doigt, les TROD permettent d'obtenir en quelques minutes un résultat fiable. Si le résultat est positif, cela signifie qu'il y a une très forte suspicion d'infection. Les TROD sont réalisés par des professionnels formés qui accompagneront les personnes.
  • La prise de sang qui permettra de rechercher les anticorps et les antigènes dans le sang,
  • Les autotests pour le VIH : vendus en pharmacie, ils permettent de détecter dans le sang humain les anticorps produits après une infection. Le prélèvement, la lecture et l'interprétation des résultats sont réalisés par la personne elle-même. La réponse apparaît en 15 à 30 minutes,
  • Un prélèvement et/ou un frottisvaginal chez la femme ou un prélèvement urétralchez l'homme (prélèvement d’un liquide ou de cellules) permettant de rechercher le germe contaminant (Chlamydiae, Gonocoque, Papillomavirus, Syphilis),
  • Parfois les symptômes apparents orienteront le diagnostic.

Où ?

Pour réaliser un test de dépistage, vous pouvez :

  • Demander conseil à votre médecin généraliste, votre gynécologue ou votre sage-femme qui pourront vous le prescrire,
  • Vous rendre directement dans un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD),
  • Vous rapprochez d’associations de prévention habilitées à pratiquer des TROD.

Pour connaître les adresses des associations ou des CeGIDD proposant du dépistage ou un conseil en santé sexuelle pendant la semaine du 29 novembre au 5 décembre, consultez les cartographies en ligne sur le site du COREVIH.

A retenir

Pour se protéger du VIH-IST-Hépatites : 2 gestes simples

  1. UTILISER UN PRÉSERVATIF pour chaque rapport sexuel et avec chaque partenaire dont on ne connaît pas le statut en termes de contamination par le VIH ou les autres IST. Attention : prendre une contraception (pilule, spermicides, DIU…) ne protège pas des IST,
  2. SE FAIRE DÉPISTER des IST de manière régulière lorsque l'on a plusieurs partenaires et à chaque fois que l'on souhaite arrêter le préservatif avec un nouveau partenaire régulier (notamment car beaucoup d’IST n'ont pas ou peu de symptômes…).
  3. PENSER A LA VACCINATION pour l’Hépatite B et le Papillomavirus. Parlez-en à votre médecin.