COVID-19 - PS - Continuité des soins pour les patients hors COVID-19

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En phase épidémique, il existe un risque non négligeable de non recours aux soins. Les patients, notamment ceux atteints d’une maladie chronique, sont invités à ne pas interrompre leur traitement et leur suivi médical en lien avec leurs professionnels de santé habituels.
Corps de texte

Retrouvez les réponses rapides de la HAS :

Les patients, en particulier les personnes sous traitement, en affection de longue durée (ALD) et/ou atteintes de maladies chroniques, doivent continuer à être pris en charge par leur professionnels de santé habituels (médecin généraliste ou spécialiste, infirmier…).

Dans la mesure du possible, les professionnels de santé proposent une téléconsultation ou un télésuivi. A défaut :

  • une consultation en présentiel est organisée sur rendezvous en dehors des plages dédiées aux patients suspects COVID-19 ;
  • pour les personnes fragiles et âgées (+ de 70 ans) ou qui n’ont pas accès aux technologies numériques, des consultations par téléphone sont possibles.

La Haute Autorité de Santé  invite les professionnels de santé à prendre contact avec leurs patients les plus à risque (personnes en affection longue durée - ALD, personnes âgées à domicile, avec des polypathologies ou avec des psychopathologies, ou encore personnes n'observant pas leur traitement correctement) pour éviter les ruptures de soins des pathologies chroniques.

Cette prise de contact doit permettre :

  • une évaluation de l'environnement social et les conditions du confinement des patients (moyens de communication, disponibilités des médicaments nécessaires, présence d'un entourage)
  • de renforcer le suivi de ceux qui seraient fragilisés par la crise sanitaire.

Sur rendez-vous et préférentiellement en téléconslutation, les médecins traitants et médecins d’autres spécialités sont amenés à maintenir :

  • Le repérage des difficultés psychologiques ;
  • Les consultations néonatales aux 8 jours et au 1er mois du nourrisson pour donner aux parents tous les conseils de prévention ;
  • Les vaccinations prévues dans le calendrier vaccinal de la première année à 2 mois, 4 mois, 5 mois, 11 mois et 12 mois (consultez le calendrier des vaccinations 2020) ;
  • La prise en charge des maladies chroniques pouvant justifier des vaccinations spécifiques, systématiques ou en postexposition.

Dans le contexte actuel d’épidémie de Covid-19, les interruptions volontaires de grossesse restent des soins urgents.

Concernant l’IVG médicamenteuse, un arrêté publié le 15 avril 2020 :

  • permet, en dehors des établissements de santé de réaliser la consultation de prise de médicament par téléconsultation (avec délivrance en pharmacie d’officine des médicaments nécessaires) ;
  • allongent les délais d’IVG médicamenteuse en ville de 7 à 9 semaine d’aménorrhée (SA) ;

Afin de proposer l’IVG médicamenteuse, les médecins et les sages-femmes de ville doivent passer une convention avec un établissement de santé. Afin d’identifier et promouvoir cette offre sur les territoires, les établissements de santé doivent transmettre ces conventions à l’ARS.

Pour en savoir plus :

Encore plus qu’avant, il est nécessaire de veiller à apporter aux femmes une information claire, complète et adaptée sur les méthodes et les lieux de réalisation d’une IVG, de rappeler à chaque professionnel le respect du choix des femmes en proposant une prise en charge individualisée.

Retrouver toutes ces recommandations dans les ressources documentaires sur le COVID-19 du réseau périnat Nouvelle-Aquitaine : 

Site internet du réseau Périnat Nouvelle-Aquitaine

Une vigilance particulière doit être apportée aux femmes enceintes au 3ème trimestre de la grossesse, considérées comme des personnes vulnérables face au COVID-19.

La HAS recommandes des réponses rapides en anté-natal comme en post-natal impliquant un renfort par les médecins et sages-femmes de ville.  

Parmi ces recommandations figurent :

  • la continuité du  suivi obstétrical en ville des femmes enceintes à bas risque, et la continuité du suivi postnatal des femmes et de leur enfant. En effet, dans le contexte actuel d’épidémie, les maternités doivent organiser les sorties à 48h pour les cas simples sans complications et jusqu’à 96h pour les femmes ayant accouché par césarienne ;
  • l’importance de la transmission d’information ville / hôpital en amont et en aval de l’hospitalisation.

Face à l’urgence, l’ARS Nouvelle-Aquitaine encourage tous les professionnels à utiliser prioritairement la Messagerie Sécurisée de Santé pour l’échange des documents et outils de liaison validés par le réseau de périnatalité RPNA nécessaires au suivi de grossesse et au retour à domicile après accouchement (fiche de l’entretien prénatal précoce, fiche de liaison sortie de maternité…).

Le GIP ESEA :

Il se tient à disposition pour équiper et aider à la prise en main de ces solutions numériques.

Contacts :

La population des seniors avec comorbidités et/ou en perte d’autonomie ainsi que les sujets très âgés constituent le public le plus vulnérable à l’épidémie de Covid-19.

Des recommandations spécifiques sont ainsi énoncées :

  • maintien des consultations en priorisant l’usage de la téléconsultation (avec possibilité par vidéotransmission ou par téléphone), le cas échéant accompagnée d’un aidant ou d’un soignant ;

    • il est fortement recommandé que le médecin traitant ou le médecin spécialiste correspondant habituel prenne contact avec les patients atteints de pathologie chronique les plus fragiles pour s’assurer du suivi et détecter un risque de décompensation de la pathologie ;
    • rester attentifs aux signes de souffrance psychique chez les personnes âgées à domicile ;
  • poursuite des prises en charge déjà initiées par certains professionnels paramédicaux notamment par l’usage du télésoin (masseurs-kinésithérapeutes, psychomotriciens et ergothérapeutes) ;
  • maintien des consultations et soins en ville et en établissement de santé qui ne pourraient être réalisés en téléconsultation ou ne pourraient être différés ;
  • prolongation de la durée de validité des ordonnances dans le cadre d’un traitement chronique et dans le cadre de soins infirmiers sous conditions ;
  • maintien de la continuité de la prise en charge palliative via l’accès aux équipes hospitalières dédiées ou avec le soutien des équipes mobiles / équipes expertes en soins palliatifs ;
  • Continuité de l’accompagnement médico-social  (préconisations spécifique destination des services d’aide et d’accompagnement à domicile, délivrance à titre exceptionnel de l’APA) et social (services de la mairie et du CCAS, numéro vert national de la plateforme Covid 0 800 130 000)

Pour en savoir plus :

L’obésité étant un facteur indépendant de complications, il s’agit de renforcer la prévention auprès des personnes en situation d’obésité et ainsi de faciliter le repérage et l’orientation en cas de suspicion de Covid-19 ou de risque plus général de rupture de la continuité des soins.

Pour en savoir plus :

Il convient de :

  • Prioriser l’usage des téléconsultations ;
  • Rappeler les gestes barrières et du respect strict du confinement ;
  • Inciter la personne à maintenir une activité physique quotidienne suffisante, même dans un petit espace
    Site ANSES

Afin d’accompagner les personnes, un livret structure les messages-clés sur l’importance de la continuité des traitements et du suivi médical et propose des conseils alimentaires et d’entretien de l’activité physique adaptés.

Site AFERO

La période actuelle s’accompagne d’un risque accru d’exposition aux surdoses pour les usagers d’opioïdes, qu’il s’agisse d’une utilisation médicamenteuse (antalgiques opioïdes, traitements de substitution aux opiacés) ou de substances illicites. Le stress, les difficultés à supporter le confinement, la crainte du manque, entre autres, peuvent conduire à des conduites à risques et à des consommations mal contrôlées.

Dans ce contexte, il est plus que jamais nécessaire de veiller à renforcer l’accès à la naloxone (antidote spécifique de la surdose d’opioïdes) pour tous les usagers à risque et leur entourage.

Publics cibles de la naloxone :

  • usagers à risque accru de surdose du fait d’une perte de tolérance aux opioïdes : personnes sortant de détention, de sevrage, de centre de soins résidentiels,
  • usagers avec des antécédents récents de surdose, sortie d’hospitalisation pour surdose d’opioïde,
  • patients en traitement de substitution aux opioïdes (TSO) en particulier la méthadone,
  • patients traités par des médicaments opioïdes antalgiques,
  • usagers d’opioïdes pour les effets psychoactifs,
  • usagers d’opioïdes en « auto  substitution » pour soulager une opio-dépendance,

Délivrance de la naloxone

  • L’accès à la naloxone doit être garanti pour tous les publics à risques,
  • Toute prescription de TSO en particulier ne faisant pas partie de la patientèle, doit s’accompagner d’une remise d’un kit de naloxone ou d’une prescription,
  • Dans le cadre du renouvellement de TSO, il est souhaitable que le pharmacien d’officine contacte le médecin prescripteur pour que celui-ci adresse une prescription d’un kit de naloxone ; à défaut le pharmacien peut proposer la délivrance d’un kit, à la charge du patient,
  • Toute prescription d’antalgique, opioïdes doit faire l’objet d’une évaluation du risque de mésusage et de surdose par le prescripteur et s’accompagner d’une information sur la naloxone et le cas échéant d’une prescription,

La naloxone prête à l’emploi : deux spécialités disponibles

  • Nalscue®, solution pulvérisation nasale en récipient unidose (0,9mg/0,1 ml)
  • Prénoxad®, solution injectable intramusculaire en seringue pré-remplie (O,91mg/ml)

Information des usagers lors de la délivrance de naloxone sur

  • les signes évocateurs d’une surdose d’opioïdes,
  • les facteurs favorisant la survenue d’une surdose,
  • les propriétés et les modes d’actions de la naloxone,
  • la conduite à tenir face à une situation nécessitant l’administration de la naloxone,
  • le renouvellement de la naloxone.

Pour en savoir plus :

Une vigilance particulière doit être apportée pour maintenir (en privilégiant la téléconsultation) :

  • Les consultations pour l’accès à la contraception ;
  • Les consultations individuelles médicales pour la prescription et la délivrance des traitements de substitution aux opiacés (TSO) ;
  • Les consultations auprès des personnes victimes de violence, notamment les femmes et les enfants) donnant lieu à la réalisation d’un certificat médical initial indispensable pour engager des démarches judiciaires ;
  • Les consultations sur les maladies transmissibles,
  • Les consultations pour les personnes présentant des signes de troubles psychiques.

La HAS a émis des réponses rapides dans le cadre du COVID 19. Ces dernières préconisent de poursuivre la normalisation de l’équilibre glycémique comme en période normale et de s’assurer que le patient dispose de ses traitements médicamenteux : l’insuline et les moyens d’injection, les médicaments par voie orale, dispositifs de surveillance glycémique.

Deux points d’alertes sont apportés concernant les plaies aux extrémités et les signes cliniques de primo diabète chez l’enfant et le jeune adulte.

Consulter les Réponses rapides dans le cadre du COVID-19 - Prise en charge ambulatoire des patients atteints de diabète de type 1 et 2 :