Communiqué de presse - Confirmation d’une infection autochtone à virus Usutu (secteurs des Landes et de Gironde)

Communiqué de presse
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Dans le cadre de sa mission de surveillance et de lutte anti-vectorielle, l’Agence Régionale de Santé Nouvelle-Aquitaine (ARS) a confirmé le 18 octobre dernier un cas d’arbovirose chez une personne qui n’avait pas quitté la métropole durant la période précédant l’apparition des premiers signes de la maladie,

Cette personne avait fréquenté les secteurs de Biscarrosse et Parentis-en-Born dans les Landes, ainsi que du Bouscat, du Pian-Médoc et de Bordeaux-Caudéran en Gironde. Il s’agissait donc bien d’un cas autochtone.

Les résultats du premier prélèvement n’avaient pas permis de définir, avec certitude, la nature de l’infection.

Le virus de la dengue transmis par le moustique tigre avait été suspecté ainsi que le West-Nile, transmis quant à lui par le moustique Culex. Pour s’en assurer, un 2ème prélèvement a été réalisé le 11 octobre 2022 sur la personne infectée et transmis au Centre national de référence des arboviroses à Marseille (CNR Marseille). Ce dernier a confirmé, le 4 novembre dernier, qu’il s’agissait d’une infection à virus Usutu.

 

Le virus Usutu (USUV) est un virus émergent d'origine africaine, du genre Flavivirus et de la famille des Flaviviridae. Il s'inscrit dans le complexe de l'encéphalite japonaise. Il a été identifié pour la première fois en Afrique du Sud, dans le Swaziland en 1959, sur le bord de la rivière Usutu, et rapporté chez des oiseaux en Toscane en Italie en 1996, puis en Hongrie, en Suisse, en Espagne et en Allemagne.
En France, la surveillance de ce virus chez l’oiseau est assurée par l’Office français de la biodiversité.

  • Les premiers cas humains

En Europe, les premiers cas humains d'USUVU ont été détectés dans le nord de l'Italie en 2009 chez des patients immunodéprimés.
En France, le virus circule depuis 2015, mais 1 seul cas d’infection humaine, d’évolution favorable, a été détecté en 2016 en Occitanie (Hérault).

L’infection est très souvent asymptomatique ou peu symptomatique. Comme ce fut le cas pour la personne infectée, les symptômes peuvent être ceux de la grippe (asthénie, céphalées et éruption cutanée) et comparables à ceux rencontrés au cours d’infections par d’autres flavivirus. L’administration d’un traitement adapté permet une guérison rapide.
Le virus est peu pathogène et ne présente pas un réel danger pour l’être humain. Ce caractère peu pathogène explique le faible nombre de cas confirmés biologiquement.
Cependant, de manière très rare et chez les personnes immunodéprimées, il peut provoquer des troubles neurologiques (encéphalites ou méningoencéphalites).

  • Le mode de transmission

Le virus circule essentiellement parmi les oiseaux. Il affecte principalement les merles (épisodes de forte mortalité), les moineaux, les mésanges et les rouges-gorges, mais aussi quelques oiseaux de proie (chouette, hibou) ou d’oiseaux migrateurs. Il est transmis par la piqûre de moustiques, principalement les moustiques ornithophiles du genre Culex. Le moustique Culex, aussi appelé « moustique commun », est une espèce endémique, distincte du moustique tigre Aedes albopictus.
Les températures élevées favorisent l’abondance des moustiques et leur compétence vectorielle pour le virus Usutu. Or, la baisse actuelle des températures qui se rapprochent des valeurs automnales devrait ralentir la circulation de ce virus.
La propagation est classique : le moustique pique un oiseau porteur du virus, puis un être humain. Le virus Usutu ne se transmet pas d’homme à homme, ni de l’homme au moustique.

•    Actions conduites et préconisations
Dès la confirmation de ce cas d’arbovirose le 18 octobre dernier, plusieurs opérations de démoustication, en collaboration avec les collectivités locales, ont été effectuées dans les lieux possibles de contamination fréquentés par la personne (4 secteurs dans les Landes et 3 en Gironde). La suppression des gîtes larvaires et des pulvérisations nocturnes d’adulticide ont été réalisées du 20 au 27 octobre 2022. Elles sont en effet adaptées pour être efficaces contre les moustiques vecteurs de Flavivirus. Des interventions anti-larvaires contre les gîtes productifs en moustiques Culex sur un périmètre élargi ont aussi été réalisées.

L’ARS Nouvelle-Aquitaine et Santé publique France rappellent que la meilleure prévention contre la maladie réside dans la protection contre les moustiques, qui permet de limiter toutes les infections qu’ils sont susceptibles de transmettre.
S’agissant du risque possible pour les oiseaux, les services vétérinaires des Landes et de Gironde ont été informés pour qu’ils puissent repérer une éventuelle mortalité dans la faune sauvage, due à ce virus.

 

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